LA REVUE SOCIALISTE atteinte qu'au jour ou on la dépossédera de sa puissance d'éducation. li faut compléter, ou plutôt reprendre de toutes pièces l'œuvre que le régime actuel, au lendemain du 16 Mai, a entamée avec mollesse, puis suspendue à mi-chemin, puis délibérément désertée au mépris de ses propres inspirations. - La charte du cléricalisme, la loi Falloux, subsistera-t-elle? * * * Ce texte, qui porte la date du 27 mars 1850, est trop étendu pour que nous en reproduisions toutes les dispositions. Il suffira d'en indiquer, sous forme trés résumée, les prescriptions fondamentales : I. La liberté des enseignements primaire et secondaire était proclamée. II. Le Conseil supérieur de !'Instruction Publique comprenait sept ecclésiastiques, quatre arclie,·êques ou évêques, deux représentants de la religion protestante, un membre du Consistoire central Israélite. III. De même les Conseils academiques comprenaient l'é\'êque, un autre ecclésiastique par lui désigné, un ministre du culte protestant, un délégué <lu Consistoire Israélite. IV. La loi distinguait les écoles publiques et les écoles libres, mais cellesci pouvaient être adoptées par la commune. L'inspection de toutes les écoles était partagée entre les laïques et les ecclésiastiques, curés, pasteurs ou rabbins. V. L'enseignement primaire comportait l'instruction morale et religieuse. VI. Tout Français âgé de vingt et un ans pouvait être instituteur primaire, public ou libre, s'il était muni du brevet de capacité. Le brevet était suppléé par un certificat de stage ou par le titre de ministre d'un des cultes reconnus. VII. Les associations religieuses avaient. la faculté de présenter des jnstituteurs communaux. VIII. Pour !es écoles de filles, les lettres d'obédience tenaient lieu de brevets aux institutrices appartenant aux congrégations religieuses. IX. Tout Français, âgé de vingt-cinq ans, pouvait ouvrir un établissement d'instruction secondaire, s'il avait un certificat de stage, un diplôme de bachelier ou un brevet de capacité. X. Le jury chargé de délivrer les brevets de capacité devait comprendre un ministre du culte professé par le candidat. Le texte ne contenait aucune allusion aux congrégations non autorisées; il ne frappait leurs membres d'aucune déchéance. La loi Falloux est le produit d'une de ces phases de cléricalisme épanoui et insolent qui ont presque toujours suivi, en notre histoire, les grandes commotions politiques et sociales. La France de 1850 peut se comparer à la France de 1825 et à la France de 1873. L'as-
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