A PROPOS DE LA LOI FALLOUX 523 est partout. La contagion a pénétré, envahi nos administrations civiles. Hors l'Université, soustraite de par son principe même à l'influence délétère, nos grand? services publics sont peuplés d'agents de l'Église, serYiteurs dévoués d'une cause toujours perdue, toujours victorieuse. L'infiltration, que ri_enn'a ralentie, pas même l'échec du 16 Mai - pas même la bruyante querelle de l'article 7, pas même la piteuse défaite du « Cheval Noir ll, s'est poursuivie avec une rapidité et une méthode dignes d'admiration. A certains indices, il est permis de croire que les chefs de l'armée papale ont jugé leur heure venue. Les circonstances évoquent la phase critique que la France traversa au lendemain de la ReYolution de Février, entre la sauvage répression de Juin et l'avènement de cette Législative - la plus férocement catholique de toutes nos assemblées parlementaires. Peut-être les événements montrent-ils, avec une suffisante clarté, que 11otre parti aurait tort de limiter strictement son horizon aux transformations économiques. Qu'entre le retour de la bourgeoisie aux sacristies et la crainte d'une suppression ou d'une réduction de ses privilèges, il y ait un rapport évident, nous ne le contestons pas. M,\is ce n'est pas seulement sur la partie riche de cette classe, hostile par logique d'égoïsme à nos idées, que l'esprit clérical a déployé son prestige; c'est aussi sur cette autre fraction, qui confine au vrai peuple et qui y retombe de jour en jour par le simple jeu des forces en présence. De plus, en maints départements, les lois de laïcisation n'ont pas été appliquées et les Frères et les Sœurs ont gardé leur main-mise sur la classe ouvrière. La question de l'enseignement se pose devant nous dans toute son ampleur, et bien aveugle serait celui d'entre nous qui en restreindrait la portée! Tant que les congrégations resteront maîtresses d'un tiers, ou a peu près, de notre population scolaire, le développement des institutions républicaines, le triomphe de nos doctrines sociales rencontreront de redoutables, peut-être d'invincibles obstacles. Comment, même par de multiples et incessants efforts, rappeler à nous, replonger en pleine démocratie, ces masses, ces centaines de milliers d'hommes, dont les intérêts se confondraient naturellement avec les nôtres, mais que l'influence première asservit au passé, dresse contre nous et embrigade dans l'obscurantisme? Et si demain, par fortune -:-- il faut tout prévoir - la bourgeoisie expirante nous passait le sceptre, quels ennemis décidés ne trouverions-nous pas en ces fonctionnaires placés par le clergé et obéissants à ses injonctions? N'allons même pas si loin, en nos hypothèses, et ne nous embarrassons pas, -avànt l'heure, de si hautes ambitions. Considérons l'assaut présent, les menaces _dirigées contre notre embryon d'institutions libérales et démocratiques : l'Église ne se sentira mortellement
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