LA REVUE SOCIALISTE disloquée, reparaitront les anciens groupements, et M. Dupuy, ne voulant et ne pouvant aller à gauche, dérivera nécessairement vers la , droite. Aussi, ne s'engagera-t-il pas à fond contre les nationalistes. Il ne peut les sauYer de la révision. Il communiquera à la Cour de Cassation les dossiers ou l'infime sottise et la criminelle partialité de l'étatmajor éclatent. Mais cela fait, il protégera les coupables : il ne livrera ni Mercier, convaincu de forfaiture, ni Boisdeffre et Pellieux, conYaincus de complicité aYec Esterhazy. Et il affectera de considérer comme des attaques à l'armée toute proposition tendant à la réforme profonde des institutions militaires. Aussi le parti socialiste commettrait-il la plus lourde faute si, dans la période de détente ou l'on parait entrer, il se laissait aller à désarmer. Il faut, au contraire, qu'il redouble d'action au Parlement et hors du Parlement. Jamais, au Parlement, l'heure ne fut plus fayorable pour critiquer l'ensemble de nos institutions militaires. Il faut arracher l'armée à l'esprit de caste et de réaction. Réduire la durée de l'cncasernement, dcvclopper l'éducation militaire des adultes, rapprocher le plus possible la vie militaire et la vie civile, abolir les conseils de guerre et humaniser le code pénal militaire, supprimer les écoles militaires spéciales, ou tout an moins les faire entrer dans le système général de l'Université, mèler les futurs officiers aux futurs ingénieurs, aux futurs professeurs, aux futurs juristes, refouler l'enseignement clérical, restituer aux soldats le droit de vote, voila les premières mesures indispensables, si ,nous ne voulons pas que notre armée, tombant aux mains des réacteurs et des incapables, devienne un péril et pour la liberté et pour la France. Je ne sais si la bourgeoisie libérale, qui, à l'occasion de l'affaire Dreyfus, a vu et dénoncé le vice des institutions militaires <l'aujou,rd'hui, aura la fermeté, après l'affaire Dreyfus, de demander les réformes nécessaires. En tout cas, elle ne pourra opposer au parti socialiste qu'une résistance incertaine, et le socialisme aura devant le pays le bénéfice d'une action vigoureuse et logique. Pendant que les radicaux s'affaiblissent par leurs combinaisons avec les modérés, le socialisme pourra être l'énergie républicaine toujours en éveil, la force démocratique toujours en mouvement. Mais ce n'est pas seulement une œuvre parlementaire qui le sollicite. Il serait funeste qu'il perdît le contact pour le dehors. Un mouYement profond se prépare dans le prolétariat. A coup sûr, il n'écoutera pas les conseils de ceux qui le détournent de l'action politique. Tant qu'il n'aura pas arraché le pouvoir aux classes dirigeantes pour leur arracher la propriété, il se trainera dans l'ornière du salariat. Mais il est visible que les prolétaires ne comptent plus sur la seule
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