REVUE POLITIQUE et par ses maladresses sans nombre a fait le jeu des juifs. En tout cas, les fanfarons qui parlaient récemment encore de déchaîner Paris contre nous ne.pensent plus maintenant qu'a la retraite. Le ballon de ces aéronautes, soudain dégonflé, descend avec une rapidité inquiétante, et tous d'une main un peu énerYée, ils s'usent a manœuvrcr le parachute. A la Chambre, devant la déclaration désagréable du ministère Dupuy, ils ont été étrangement silencieux. M. Millernye n'a pas protesté contre la clôture : il n'était pas fâché que la Chambre lui fernüt la bouche. Et qu'aurait-il pu dire? Qu'aurait pu dire Drumont? Et Déroulède? Ces fiers paladins n'auraient~ que souligner leur défaite : ils ont préféré se taire et voter pour le gouvernement. Les propos qu'ils auraient dénoncés chez M. Brisson, ils les ont acceptés, ils les ont approuvés de M. Dupuy. Ils veulent, dans leur débâcle, avoir l'air d'être avec le pouvoir. Et ils montent, sans grand tapage, dans la voiture qui vient de les renverser. Rien ne montre mieux le Yide et le néant du nationalisme. Il ne résiste pas a un échec : et il passe subitement d'une agitation insolente a un silence résigné. Il n'a en lui aucune force d'idéal; il n'est soutenu contre les accidents de la lutte par aucun principe supérieur. Il parle de patrie, et il ne sait même pas quel est le vrai sens de ce mot. Il parle de la France et il ne sait pas quelles sont les conditions de sa sécurité et de sa grandeur. Il essaie d'affoler et d'e·xaspérer dans notre pays les susceptibilités de la défaite, et il a en même temps de fanfaronnes attitudes comme si la France toute seule pouvait menacer à la fois l'Angleterre et l'Allemagne. Il semble prêt parfois à déchaîner la guerre universelle et soudain, si le pays n'incline pas sa justice devant quelques grands chefs compromis, il sème les plus détestables propos. Il exalte volontiers la légende napoléonienne et il oublie que si Napoléon a pu ébranler l'Europe, c'est que pendant plusieurs années il parut continuer au dehors le mouvement de la Révolution. Le nationalisme lui, néglige de. donner à la France la force morale qu'elle trouverait dans une application hardie de la justice sociale : il coalise, en une sorte de chaos hurlant et stérile, le vieil esprit césarien, la réaction cléricale et l'antisémitisme. Il n'a aucune grande vue d'avenir : et il chauffe grotesquement sa misère morale aux feux d'Austerlitz ; il •/. n'a ni l'intelligence de nos grandeurs passées ni le sens de nos grandeurs futures : et si la défaite n'inspirait a un peuple qu'un mélange de dépit enfantin et de basse vantardise, le nationalisme serait la forme politique de la défaite. Incapables de comprendre les hautes revanches que rêvent pour la France les hommes épris de justice et d'humanité, les nationalistes voient des traîtres en tous ceux qui n'accueillent pas leurs songes fiévreux ou leurs soupçon~ mal? 'ifs. Quiconque ne pense
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