510 LA HE\'UE SOCIAUSTE sité a développé à la longue, dans les consciences qu'elle façonnait, des idées généreuses, une culture morale supérieure, qu'on éprouve le besoin de réagir, de façonner une jeunesse ;1 d'autres fins et scion d'autres principes. Mais, précisément parce que l'enseignement universitaire (malgré bien des complaisances) est « désintéressé », parce qu'il dépose dans l'âme et le coeur des enfants et des jeunes gens des germes de moralité que l'immoralité courante du milieu économique n'efface pas toujours, la démocratie Ç!t le socialisme sont intéressés ù cc que l'enseignement « humain » ne déchoie pas du rang d'où l'on s'efforce de le faire tomber pour lui substituer un enseignement spécialis<'.:à outrance, déc,1pité des nobles et grandes préoccupations cchumaines>>. La science pour la science, l'étude pour le seul perfectionnement intellectuel et moral des esprits, mais c'est la démocratie qui s'y livre, dans la mesure des faibles loisirs que lui laisse son servage économique. Des milliers d'ouvriers suivent des cours, prennent sur leur sommeil pour dissiper un peu de la nuit qui les environne. Pourquoi? si ce n'est uniquement pour satisfaire leur soif de sa,·oir. Cc n'est pas parce qu'un ouvrier connaîtra l'histoire, ou parce qu'il ::iura médité sur le mécanisme de la production et de la distribution des richesses, qu'il aura un salaire plus élevé. Et cependant, que d'obscurs, laborieux et h<'.:roïquesefforts pou·r accroitre la somme de ses connaissances se dépensent dans la classe ouvrière qui vit au jour le jour! Non! non! ce n'est pas la démocratie qui doit étre rendue responsable de la décadence décrite par M. Fouillée .... Il y aurait à discuter également où et quand, dans quel pays et dans quel siècle j\l. Fouillée ::ivu la classe dirigeante dépositaire des connaissances générales, marcher à la tête des progrès intellectuels, cultiver la science pour la science, les lettres pour les lettres. Mais ceci m'entraînerait trop loin. J'ai voulu seulement montrer à quel point i\I. Fouillée, qu'on lit toujours avec intérèt, est un écrivain déconcertant; car il n'est pas d'ouvrage sorti de sa plume où, à travers des Yues neuves, ingénieuses, parfois profondes, le lecteur ne se heurte à des traits comme celui que nous venons de relever et qui suffit il di:parer l'œuvre la plus captivante et la mieux conçue. GusTAVE RouANET. Journal d'un Grinchu, par GYP, 1 vol. in-18 (Flammarion). - On affirme que, sous cc pseudonyme, la comtesse de Martel, très répandue dans le monde, ne ferait que transcrire ce qui se dit autour d'elle, photographier en des clichés rapides les poses des personnages et l'ambiant de ce monde étrange, dont elle découpe par tranches la vie monotone et blasée dans la Vie Parisienne, la Libre Parole et ailleurs. Ses romans, à peine affabulés, seraient, dit-on, des articles de reportage mis bout à bout et la sincérité du reporter, son souci de ne rapporter que ce qu'elle voit et entend, sans aucune retouche, expliquerait le succès que ses livres ont obtenu. J'avoue que je ne saurais juger de l'exactitude du procédé. Mais il faut convenir que si les personnages qu'elle nous présente sont vraiment ..-écus, si le monde où Gyp nous introduit est bien celui qu'elle nous dépeint, ce monde est un fichu monde et ces personnages une collection assez réussie de crétins sans scrn-
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