La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

502 LA REVUE SOCIALISTE France croirait devoir y envoyer des délégués, comme il n'y a qu'une seule forme sous laquelle un véritable allègement pourrait être apporté aux charges écrasantes du militarisme : la 1·éd11cti01s1i1111tlta11éeel grad1telle d1t temps de ser·uiceactif daus les armées européem1es, le seizième congrès national du parti ouvrier français décide : les élus du parti auront à demander à L1 Chambre que telles soient les instructions données aux représentants de la République française. L'UNION SOCIALISTE Cette question, inopinément soumise à l'attention et à l'étude des socialistes français par le citoyen Jaurès, lors du meeting du Tivoli-Vaux-Hall, fut portée par le Conseil national du parti ouvrier à l'ordre du jour de son Congrès de Montluçon. Elle a fait l'objet d'une longue discussion. Tous les orateurs ont conclu dans le sens de l'union des forces socialistes toutes les fois que les circonstances la rendraient nécessaire et pratique, mais en constataùt que jamais le parti ouvrier français ne s'était refusé à cette union, notamment lors des élections générales où il avait décidé de ne pas présenter de candidat là où il y aurait un élu socialiste sortant et au contraire de toujours soutenir celui-ci. Mais tous ont également fait remarquer qu'il ne suffisait pas d'émettre des souhaits d'unité socialiste pour que cette unité fût réalisable et qu'il fallait craindre au contraire redouter de compromettre par précipitation inconsidérée cette unification qui s'accomplissait de jour en jour par l'apaisement et l'oubli des anciennes dissensions. Les diverses formes d'organisation loin d'être nuisibles ne pouvaient qu'activer l'extension du mouvement socialiste; diverses charrues peuvent concourir à labourer le vaste champ de la conscience populaire. Il est certain que nous marchons de plus en plus dans la voie de l'unité par l'élimination naturelle et successive des éléments inorganiques. Il faut laisser cette évolution s'accomplir et s'achever normalement et non pas la brusquer. Mais ce qu'il faut souhaiter pour faire un pas de plus dans cette voie, c'est qu'au lieu d'avoir à se rechercher pour s'aboucher et se concerter dans les circonstances où une action commune est nécessaire, il y ait entre les diverses fractions du parti socialiste un mécanisme toujours prêt à fonctionner au moment des événements. Une opinion ressortant encore avec évidence de cette discussion, c'est que l'entente organisée ne peut pratiquement et moralement exister qu'entre des éléments déjà organisés et non pas avec des éléments foncièrement inorganiques. Comme conclusion le projet suivant a été voté à l'unanimité du Congrès : ARTICLE PREMIER. - Entre le parti ouvrier français, le comité révolutionnaire central, la fédération des travailleurs socialistes, le parti ouvrier socialiste révolutionnaire et les socialistes dits indépendants il est formé une Unio11 cm/raie, sans que rien soit ou puisse être modifié dans le fonctionnement intérieur de ces diverses organisations, ni dans leur mode de propagande. Pour entrer dans cette union, les socialistes indépendants auront à s'entendre entre eux et à s'organiser sur la base du programme minimum, dit de Saint-Mandé. ART. 2. L'organe représentatif de l'union sera constitué par une délégation de chacune des cinq organisations sus-indiquées. Ces délégués, dont le nombre, pour chaque organisation, sera proportionnel au chiffre des voix qu'elle a réunies sur ses candidats aux dernières élections législatives, .,

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