494 LA REVUE SOCIALISTE affaires réalisées par les 172 associations, plus de moitié des bénéfices, les trois quarts de leur capital et de leur outillage! Si on soustrayait des groupes d'associations dont nous avons constaté les bilans précaires ces 18 sociétés, improprement ajoutées aux r 54, que resterait-il, je le demande, apres les navrantes conclusions auxquelles nous avons abouti, à l'actif de l'association ouvriere? Evidemment, un si maigre résultat, se traduisant par des chiffres comme ceux que nous avons placés sous les yeux de nos lecteurs, tant au point de vue <le l'accroissement du capital, de la valeur de l'outillage et des bénéfices, implique des difficultés inextricables auxquelles, dans la majeure partie des r 54 associations, sont en proie les administrateurs. Si les tentatives faites en vue d'associer le capital et la main-d'œuvre ont completernent échoué; si les coopérateurs ont vu leur capital péniblement souscrit rester stationnaire ou se dissiper, du moins peut-on croire qu'ils ont amélioré les conditions de travail au sein de l'atelier coopératif? En un mot, si les membres des associations doivent renoncer a étendre leur action sur le monde du travail tout entier, offrent-ils au moins aux ouvriers qui recourent à eux un abri modeste mais sûr? De ce côté encore, les chiffres que nous donne M. Fontaine sont désolants pour l'avenir de la coopération. Entre toutes les miseres que le développement de la grande industrie a déchaînées sur le prolétariat, la plus redoutable est l'instabilité, le chômage forcé qui, à des dates incertaines mais fréquentes, arrache l'ouvrier à son atelier et le jette à la rue. La coopération ouvriére est-elle du moins exempte de cet aléa? Voici la comparaison que donne M. Fontaine des effectifs maximum et minimum relevés dans les ateliers des assoc_iations : Maximum Minimum Moyen Pour les 172 sociétés : Effectif en sociétaires. 4. 500 4,000 4. 500 en auxiliaires. 6.750 4.250 5 .000 -- Total approximatif. rr.250 8.250 9 500 = Pour les r 54 sociétés mises à part : Effectif en sociétaires. 3.650 2.850 I .700 en auxiliaires . 3.400 I ,050 3,300 Total approximatif. 7,050 3.9oo 5,000 -- « Si l'on rapporte, dit M. Fontaine, la différence ent~e le maximum à l'effectif moyen, on a un coefficient d'instabilité que l'on peut comparer à celui que l'Office du travail a déterminé pour l'ensemble des ouvriers français de grande et moyenne industrie, et l'on peut conclure ainsi : « Les atelierscoopératifpsrésentwt, dansl'ensemblede leur personnel,
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