REVUE ÉCONml!Qt;E 493 --------------------------·-- Dans le groupe, au contraire, des coopérateurs qui ne font pas participer leurs camarades de travail aux bénéfices de l'association, le boni s'élève à 587 francs par sociétaire. Ces chiffres sont d'une signification saisissante et, bien que je n'aie jamais fo11dégrand espoir dans l'aYenir des associations 0~1nieres de production, ils m'ont surpris. Je ne croyais pas que l'échec de la coopération eùt été si complet, si absolu. Mais les résultats sont globaux. Ces chiffres sont des moyennes et, malgré la lumière crue qu'ils projettent sur l'état actuel de la coopération ounière, ils sont loin de donner la mesure exacte de la disproportion énorme existante entre les associations ayant un caractère nettement patronal ou que des circonstances exceptionnelles ont favorisées et les associations exclusivement ouvrières. M. Arthur Fontaine, en dehors du tableau com- ·muniqué à la Société de Statistique, a fait un quatrième groupement comparatif que Yoici : Sur les 172 associations que nous avons vues plus haut, il en distrait 18 comptant 1,200 sociétaires presque tous occupés et un effectif à peu prés fixe de 3,500 auxiliaires - soit près de 3 ouvriers par sociétaire. Le Familistère de Guise est au nombre de ces sociétés privilégiées,dont là prospérité, je l'ai déjà dit, ne saurait être attribuée à la pratique de la coopération. Car son fondateur, Godin, était propriétaire de l'usine et celle-ci fut léguée au personnel ouvrier et administratif en plein fonctionnement. D'autre part, certaines sociétés comme les lunetiers de Paris, fondée en 1848, ressemblent plutôt à une entreprise patronale qu'à une association ounière. Cette union comprend 60 associés entre les mains desquels est concentrée la gestion de la société, 63 adhérents n'ayant qu'une influence nominale sur les décisions et elle occupe de 1,350 à 1,400 auxiliaires - soit plus de 10 ouvriers par sociétaire et adhérent. Les 16 autres sooiétés sont des sociétés de cochers. Or ces dernières ne sauraient passer que difficilement pour des associations ouvrières. Les sociétaires qui ont fondé ces coopératives sont peu nombreux; ils possédaient déjà un capital assez important consacré à l'achat de chevaux et de voitures et les auxiliaires qu'ils occupent le sont à des conditions de salaire sensiblement égales à celles des autres compagnies de transport. Or, sait-on quelle est l'importance de ces 18,sociétés, par rapport aux I 54 dont les distrait M. Fontaine? A elles seules, ces 18 sociétés, qui ne devraient pas figurer sur la liste des coopératives à raison, soit de leur origine toute spéciale, comme le Familistère· et les sociétés de cochers, soit à raison du caractère d'entreprise nettement capitaliste comme celle des lunetiers, - ces 18 sociétés, dis-je, représentent près de la moitié du chiffre des
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