L'APPLICATION DU SYSTÈME COLLECTIVISTE 479 puissance et néant, voil:.i.l'œuvre de la société capitaliste en face d'un danger public aussi redoutable. La société c9llectiviste résout le problème par le seul fait d'exister. C'est elle qui fabrique tous les alcools, nul ne pouvant se procurer un alambic. Elle en surveille soigneusement la rectification et ne livre à la consommation que des-produits purs. De plus elle en règle la consommation par le prix de vente qu'elle fixe a son gré. En vendant très cher les liqueurs alcooliques et très bon marché le vin, la bière, le cidre, elle réduira à presque rien l'usage des premières, d'autant plus que vin, •bière et cidre seront fabriqués par elle et exempts de toute sophistication. Les autres aliments seront également fabriqués et vendus par l'État; personne n'aura intérêt à frauder, et un contrôle vigilant empêchera la négligence de se produire. Le rêve des hygiénistes sera réalisé!. .. Ce que nous avons dit au chapitre des Bâtiments donne une idée de ce qui sera fait par la société collectiviste pour améliorer les conditions actuelles de l'habitation. Le surpeuplement des logements dans les grandes villes a été constaté maintes fois. Les misérables quartiers ainsi habités deviennent des foyers d'infection en temps d'épidémie. Tout cela n'existera plus, et la vie deviendra non seulement possible, mais douce aux moins favorisés. Le travail est nuisible par ses excès et les mauvaises conditions dans lesquelles il s'accomplit. Le surmenage prend l'enfant à l'école; devenu homme il passera le plus souvent du repos forcé à un travail exagéré. La journée normale même dépasse le plus souvent les forces de l'ouvrier. Ce sujet a été traité si souvent qu'il est inutile d'y revenir. Le travail des femmes et des jeunes filles a des conséquences particulièrement. désastreuses au point de vue hygiénique et moral. Mais si l'excès de travail est nuisible, les mauvaises conditions d'hygiène des ateliers où il s'accomplit en aggravent considérablement les effets. Dans presque tous les ateliers, en effet, l'air est rare, mêlé de fumée et de substances malsaines. Dans les grandes villes, où l'espace est ménagé avec parcimonie, les ateliers sont de véritables enfe'rs; on peut à peine circuler entre les machines resserrées; beaucoup sont obscurs et on doit y recourir au gaz en plein jour; l'atmosphère est . suffocante et irrespirable. Nombre d'industries sont meurtrières en elles-mêmes ; elles emploient ou produisent des substances qui détruisent l'organisme. La • science, toujours vigilante, a découvert dans la plupart des cas des moyens d'éviter ces dangers; mais il faudrait pour cela augmenter les frais d'installation et les frais généraux, ce à quoi le capital ne se résout pas volontiers. •
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