LA REVUE SOCIALISTE L'insuffisance de la nourriture est, hélas! un fait social qu'on ren- . contre bien fréquemment. Ses conséquences sont terribles; c'est elle qui prépare aux diverses maladies un champ d'action commode, en affaiblissant la résistance que peut lui opposer l'organisme. Les statistiques constatent une recrudescence de mo_rtalité et de maladies quand une crise économique réduit l'alimentation de; pauvres. Or la société collectiviste réalisera - du jour au lendemain, on le verra plus loin - ce prodige d'assurer à tous une alimentation, suffisante d'abord, et abondante un peu plus tard. Passons à la qualité de la nourriture. « On frémit d'horreur, écrit le docteur Julien Pioger, on n'ose plus ni boire ni manger quand on lit les rapports du laboratoire municipal et les nombreux traités sur la fraude alimentaire. » Les maladies des voies digestives, les plus nombreuses de toutes, sont dues a l'alimentation. Nous ne pouvons songer à faire une énumération complète des diverses substances alimentaires et de leurs fraudes; nous dirons seulement quelques mots des principales : la viande, le lait et l'alcool. La viande et le lait sont les véhicules les plus ordinaires de la tuberculose, la plus meurtrière des maladies. La tuberculose fait d'effroyables ravages chez les bovidés; la surveillance de l'administration est constamment déjouée par les infâmes calculs de l'intérêt privé. Sous le régime collectiviste au contraire, le cultivateur, qu'on indemniserait intégralement de la perte d'un animal tuberculeux, n'hésiterait pas a le sacrifier; les boucheries étant entre les mains de l'État, personne n'aurait intérêt à livrer à la consommation de la viande malsa111e. Le lait, apporté par les cultivateurs aux magasins généraux, y serait analysé avec soin; sitôt qu'il serait reconnu contaminé la vache qui l'aurait produit ser_ait abattue. Les ravages de l'alcoolisme ne sont p1us à décrire. C'est ce hideux fléau qui multiplie les assassins et les suicides, peuple les hospices d'aliénés, encombre les hôpitaux, stérilise la race et tue la vitalité des peuples les plus civilisés. Le plus épouvantable c'est qu'il frappe aussi la descendance. C'est à lui que nous devons presque tous les dégénérés .. L'alcoolisme est tout moderne; il est né des progrès de l'industrie de la distillation, encouragés par la fiscalité qui ne voit en lui qu'une sourc~ de revenus pour le budget. On a songé maintes fois à atténuer les ravages de l'alcoolisme en attribuant à l'État le monopole de la rectification des alcools produits par les particuliers. Le fisc ne protestait pas, car il y trouvait son compte. Malheureusement aucun projet n'a été reconnu pratique. lm-
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