LA REVUE SOCIALISTE Le surmenage cén'.:bral des chefs de maisons est terrible. Dans la terrible lutte de la concurrence, ils peuvent constamment receYoir le coup mortel; toutes leurs forces sont tendues pour l'éviter. Tout est pour eux difficultcs, menaces, tracas. Jamais on n'a \'li autant qu'à notre époque de gens preoccupés, inquiets, ficvrcux, ecrases par leur fardeau. Et combien y succombent! Cette existence de perpétuelles angoisses est plus contraire à la sante que le travail manuel le plus rude. Tout change sous le régime collectiviste : la journée de travail est ramenée à une durée raisonnable, il n'y a jamais <le chômage ni de travaux supplémentaires. Les jeunes gens et les jeunes filles, qu'on n'aura plus besoin <le retirer prématurément de l'école pour leur faire gagner leur vie, a_uront tout le temps de s'assimiler les matières des programmes de l'enseignement sans se surmener. Quand, à quinze ans, ils commenceront à travailler, ils ne le feront que dans les limites <le leurs forces. Devenues femmes et mères, les jeunes filles n'auront plus à travailler. Les ateliers, transportés dans la banlieue des Yilles, seront spacieux, bien aérés, bien éclairés; les machines feront presque toute la besogne; les ouvriers n'en seront guère que les surveillants. Les industries dangereuses seront _réglementées de façon à sau\'egarder à tout prix la santé des ouvriers; la durée du travail y sera diminuée-. Enfin la suppression des àprcs soucis du slrnggle for lije donnera à tous le calme et la sérénité. Nous n'avons à nous occuper <lesmœurs qu'au point de vue social. Les conditions misérables dans lesquelles viYent les ounicrs, l'incertitude où ils sont du lendemain, pour eux et leurs enfants, k defaut d'un bo111e habitable et de tout ce qui pourrait embellir un peu leur rude existence, leur donnent un sombre fatalisme, un dégoût de toutes choses. Leurs efforts vers le bien, constamment découragés, finissent trop souvent par cesser; beaucoup renoncent à lutter et se laissent entrainer par le courant : l'alcoolisme et son hideux cortégc en font leur proie. Dans les classes plus élevées quelques naïfs ont seuls conservé la croyance qu'on peut s'clever par le travail et l'économie; le plus grand nombre se rue vers la spéculation, le jeu, les jouissances grossières. Il n'y a presque plus de natures équilibrces; le travail et les plaisirs se succèdent avec excès, et les constitutions les plus robustes succombent à cet énervement perpétuel. La prostitution est l'une des fleurs les plus hideuses de la civilisation bourgeoise, tant admirce par M. Leroy-Beaulieu; elle est imposée à la jeune ouvrière par l'insuffisance de son salaire et la fréquence des chômages : un moment de faiblesse et de désespoir, et c'en est fait
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