LA REVUE SOCIALISTE notaires. Dans le prolongement récent de la rue Réaumur, entre les rues de Cléry et Notre-Dame-des-Victoires, il y a plusieurs immeubles qui ont été expropriés, moyennant des indemnités atteignant ou dépassant un million, et qui, vendus à la barre au taux moyen de 6 °/o de revenu, n'auraient pas produit plus de 600,000 francs. Les locataires expropriés, ceux du moins à forts loyers, se trouvent encore plus avantagés. L'agence Havas, qui était install~e à l'angle des rues Joquelet et Notre-Dame-des-Victoires, a reçu une indemnité de 900,000 francs pour un bail de 29,000 francs pendant onze ans. Nous n'exagérons pas en disant que cette indemnité a causé dans le public un véritable scandale. On alloue aux petits locataires, aux tailleurs ou aux cordonniers en chambre, une indemnité calculée sur la durée du bail et le prix du loyer. Pourquoi n'a-t-on pas appliqué cette règle qui est juste à l'agence Havas? Mais cette agence est à la dévotion des ministres qui y envoient jusqu'à leurs commérages. On lui a alloué une indemnité représentant trente et une fois son loyer, quand elle 'n'avait qu'une durée de bail de onze ans. M. Lucipia, conseiller municipal, proposa d'établir une taxe de remplacement sur les successions qui s'ouvrent a Paris. L'impôt des successions immobilières a Paris représente un peu plus du cinquième de l'ensemble des impôts de même nature en France, soit, - 187 millions divisés par 5 égalant environ 37 millions r/2, en chiffres ronds une quarantaine de millions. M. Lucipia graduait la taxe, comme du reste l'impôt des successions est lui-même gradué, de manière que les collatéraux paieraient plus que la ligne directe, les non-parents plus que tous les autres héritiers. M. Rébeillard, conseiller municipal, préconisait aussi un<:;taxe sur les successions, mais, a raison d'un décime additionnel au principal recouvré par l'État; il en évaluait le rendement à près de ro millions. Afin d'obtenir la suppression de tous les droits sur les boissons hygiéniques, il frappait l'alcool, les chevaux, les voitures et le revenu net de la propriété bâtie (3.20 °/o) et remettait à la charge des loyers audessus de 500 francs seulement la totalité de la contribution personnelle-mobilière dont ils sont partiellement dispensés pour une portion prélevée par la Ville sur les produits de l'octroi. Ensuite, afin de dégrever encore le vinaigre, l'huile comestible, les huiles de pétrole, l'essence minérale, le charbon d~ bois, le sel et la houille, M. Rébeillard doublait sa taxe sur le revenu net de la propriété bâtie, et taxait la propriété non bâtie à raison de o fr. 50 pour 1 roo francs de valeur locative. M. Champoudry, conseiller municipal, estimait qu'on pouvait abolir tout l'octroi, c'est-a-dire trouver plus de r 50 millions au moyen d'une taxe de superficie, composée d'un tarif simple sur le sol, et d'un tarif double pour les étages, y compris le rez-de-chaussée. Chaque étage d'une maison serait çibéré d'une taxe double de celle dont serait
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