LA SUPPRESSION DES OCTROIS 453 des travaux pour la banlieue dans les mêmes conditions que les gros entrepreneurs ; le petit marchand de vin, le petit épicier, le boucher et autres débitants de substances alimentaires pourront également livrer leurs denrées partout. C'est la fin d'un privilège qui est jusqu'à présent l'apanage de quelques-uns. Les gros commerçants feront rentrer dans Paris les magasins et entrepôts qu'ils sont obligés d'avoir dans la banlieue. Les affaires augmenteront considérablement par l'effet de ces facilités et le travail sera plus abondant, ce qui diminuera le nombre et la durée des chômages. Le mouvement des affaires a une tendance naturelle à augmenter d'une manière continue à Paris; sans les entraves propres au régime de l'octroi, ce mouvement n'aurait pas subi un ralentissement aussi marqué. On pourra voir alors ces nombrJ!i!x terrains qui semblent devoir rester indéfiniment improductifs à cause de leur situation excentrique se couvrir de constructions. L'augmentation de population, qui sera la conséquence de--ce développement d'activité, exigera _lacréation de nouveaux moyens de transport. Nouvel élément de travail et pas des moins importants. Après avoir rappelé le vote non caduc de 1880 en faveur du projet Yves Guyot et de la taxation de la valeur vénale des terrains bâtis ou non, M. Hattat conclut simplement par une délibération approuvant le projet Guillemet, laquelle fut adoptée le 8 mars 1893 par 61 voix contre 1. Le Conseil avait donc repris position et se prononçait contre tout dégrèvementpartiel et pour la suppressio1t1otale de l'octroide Paris. Le 8 mars 1895, l'on vote à l'unanimité cette motion de M. Paul Strauss : Le Conseil, désireux d'obtenir l'autorisation qu'il réclame depuis longtemps de réaliser la suppression des octrois, Invite sa première commission à préparer à bref délai le programme des taxes de rempfacement de l'octroi qui devra être soumis aux pouvoirs publics. ~ Obéissant à cette invitation, la première commission échangea des idées et, à l'entrée de l'hiver 1895, chargea M. Paul Brousse d'une étude, à propos du rapport de M. Bardoux qui avait été connu, et du vote par la Chambre de la réforme du régime national de l'impôt sur les bo~ssons, - lesquels prouvaient qu'en ce qui concerne Paris,_on ne recherchait pas autre chose que l'agrandissement de ce vaste marché aux producteurs et expéditeurs départementaux, on visait plutôt à oi.1vrir à l'extérieur le marché de Paris qu'à dégrever les petits consommateurs g_arisiéns. M. Brousse protesta contre cette manière de chercher les res1 . -
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