452 LA REVUE SOCIALISTE C'est justement pour ce motif que la suppression complète de l'octroi s'impose. En étudiant les nombreux documents relatifs à la question de l'octroi, j'ai remarqué que toutes les propositions de dégrèvement total ou partiel, que tous les arguments avancés dans les nombreuses discussions qui ont eu lieu sur ce sujet, que tous les griefs reprochés à l'octroi, se rapportent uniquement aux taxes frappant les objets d'alimentation. J'ai moi-même commencé par envisager la question à ce seul point de vue et j'ai considéré les dégrèvements sur les matériaux de toute nature et les fourrages comme la conséquence forcée, mais nullement désirable, du dégrèvement des objets alimentaires. Mais en serrant la question de plus près je me suis assuré que le dégrèvement de ces derniers articles est le complément obligé du dégrèvement des premiers. Voici par quelle suite de considérations j'ai été amené à formuler cette conclusion. Vous savez, Messieurs, que la situation générale du commerce et de l'industrie à Paris est bien loin d'être _satisfaisante. Les plaintes que nous recevons, et les propositions souvent empiriques qui nous sont soumises dans l'espoir d'obtenir une amélioration problématique, nous édifient suffisamment sur la gravi té du mal. Cette regrettable situation pèse plus particulièrement sur les petits industriels et les petits commerçants; les employés et les ouvriers en su bissent naturellement les effets par répercussion. On attribue cette crise à bien des causes. Pour moi, il n'y a qu'une seule cause principale : l'insuffisance des éléments de travail, soit industriel, soit commercial, par rapport au nombre croissant des travailleurs nouveaux, qui sont réduits à concurrencer leurs aînés, faute de pouvoir faire autrement. Le mouvement général des affaires n'a pas diminué, mais sa progression ancienne s'est considérablement ralentie. De là la crise que nous subissons. Le seul moyen pratique d'atténuer d'abord et de faire disparaître ensuite cette crise serait donc de donner une impulsion nouvelle aux affaires. C'est du reste un fait historique que toutes les crises industriellts et commerciales, à quelques rares exceptions près, se so1nproduites dans des conditions identiques et qu'elles n'ont pris fin que lorsqu'une circonstance, souvent accidentelle, quelquefois voulue, est venue leur imprimer une nouvelle impulsion. Eh bien! la suppression des octrois peut produire cette impulsion. En supprimant les entraves et les pertes de temps causées par les ·vérifications de l'Octroi, qui sont toujours les mêmes, que la marchandise soit assujettie aux droits ou non, on procurera des économies de temps et d'argent très appréciables à tous les commerçants et industriels. Le petit industriel et Je petit commerçant ne seront plus obligés de se confiner dans un cercle restreint. Ils pourront étendre leur sphère d'activité sans entraves. Le petit serrurier et le petit menuisier pourront entreprendre -
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