LA SUPPRESSION DES OCTROIS , 447 le 29 mai 1880 sur le rapport par M. Jacques, au nom de la commission des finances, et concluait a une réduction plus grande du droit d'octroi sur les vi11s, afin de faire bénéficier les consommateurs d'une réduction de 5 centimes par litre, réduction qui devait être compensée pour la moitié environ (6,790,000 francs) par 14 centimes additionpels et pour le reste par 5 millions a prélever sur la réduction a 7 millions qui venait d'être réalisée sur l'annuité du Crédit foncier et par 2,540,000 francs prélevés sur les loyers imposables, en vertu d'un tarif gradué de 6 a 23 °/0 de leur montant. MM. Yves Guyot et Jules Roche, a l'appui du contre-projet qu'ils déposaient avec un certain n,ombre de leurs collégues, disaient : « Si nous réussissons, nous assurons le salaire intégral a l'ouvrier, tandis .que l'octroi en dérobe actuellement une partie. » M. Mor.in disait : « A défaut d'une suppression totale, on doit regarder comme une réforme excellente la réduction-des droits sur les objets de premiére nécessité, sur ceux qui servent a l'alimentation. - Il se présente actuellement une occasion favorable qu'on ne doit pas laisser échapper. L'État nous offre de réduire les droits d'entrée sur les vins, pourvu que nous fassions sur l'octroi une réduction au moins équivalente. - C'est la le cas de mettre en pratique les princi_pes si -souvent prônés, de faire accorder les faits avec la théorie .... En commençant de porter les premiers coups a l'octroi, nous ferons une œuvre méritoire .... >> Revenant a, la charge le 3 juin, M. Yves Guyot disait : « Est-il admissible que lorsque le grand effort du dix-neuviéme siécle est de supprimer les obstacles venant de l'espace et du temps, lorsqu'on· ouvre des chemins de fer, des canaux, qu'on aménage des ports, qu'on perce des tunnels, qu'on fait tous les efforts pour essayer d'économiser un kilo de houille par cheval vapeur afin d'amener, autant que possible, les produits a la portée des consommateurs, de niveler les prix, l'octroi intervienne et, par une contradiction d'une cruelle ironie, amoindrisse tous ces efforts et empêche ces produits d'arriver directe- / mentjusqu'a ceux qui les demandent?» . M. Reygeal, qui réclamait la suppression totale de l'octroi de Paris- et son remplacement par une taxe de 4 pour mille sur la valeur vénale de tout.:!s les propriétés bâties ou non bâties, sans exception, • justifiait ainsi sa propo1ition (séance du 5 juin) : « La suppression des octrois n'est pas une idée nouvelle; sous l'Empire, la population de Paris n'étant pas représentée au Conseil municipal, ce sont les députés qu'elle était appelée a élire qui promettaient dans leurs programmes cette réforme. S'il m'en souvient bien, aux élections de 1869, cette idée avait même pris une certaine consistance. - Tout le monde est d'accord pour trouver les taxe/ d'octroi mauvaises, vexatoires, iniques;
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