440 LA REVUE SOCIALISTE ci il n'a pas pu la manifester. Mais celui qui sait quel pouvoir il dclègue agit en connaissance de cause : il a designé tel délégué plutôt que tel autre, parce que celui qu'il a délégué était d'accord avec lui sur la manière dont il entendait être représenté et il ne lui a donné sa dclégation qu'avec un mandat précis. Déja la démocratie demande qu'il y ait une sanction au mandat. C'est une bonne précaution. Elle demande aussi a être consultée directement avant qu'une Joi soit mise en vigueur. Ce sera un progrès vers la réunion de la liberté et de l'autorité clans les mêmes mains. Quand le progrès ultime, la suppression de l'État, aura été accompli, l'autorité et la libertè seront si bien incorporées en chaque individu, et conscguemment aussi, au point de Yue social, le droit et le devoir, que ces mots sans emploi disparaitront certainement du vocabulaire ou ne serviront plus qu'à exprimer un état et des aspirations purement archaïques. De même que l'État ne disparaitra pas subitement et en bloc, de même les lois qui l'expriment et le soutiennent ne disparaitront que progressivement. En premier lieu disparaîtront les lois sp<'.·ciales,gui règlent les rapports entre les individus de situations incgales et constituent ce que nous avons pu appeler les pri\'ilèges de droit destinés à contrebalancer les privill'.:ges de fait. Ceux-ci ayant disparu dans la transformation des rapports économiques et familiaux, ceux-là n'auront plus de raison d'être. Les suivront de prés, :\.moins qu'elles ne les précédent, mais cela est peu possible, les lois dites pénales, dont les infractions, aujourd'hui, sont dcterminées par des contraintes extérieures, comme la misère, ou intérieures, comme l'inculture et l'incapacité cérébrales. Les contraintes extérieures sont liées aux rapports économiques. La disparition de la misère lc:s fera donc disparaitre. Pour ce qui est des contraintes intérieures qui prennent leur source dans l'inculture, elles disparaîtront également ou plutôt elles auront disparu puisque l'unanimité des citoyens en seront venus à cet ctat conscient assez parfait pour pouvoir exercer leur souveraineté sans recourir ù l'État. Reste donc l'incapacité cérébrale. Cela est une maladie a soigner, un malheur à subir, et non une faute à châtier. Le code légal se restreint dcja. Resserrons-le encore davantage. De quelle utilité seront les lois civiles dans une Cité où la propriété est commune et oü l'hérédité collective a remplacé l'hérédité familiale et personnelle? La propriété personnelle est la pierre angulaire des lois civiles actuelles. Celle-la disparaissant, celles-ci n'auront plus aucune raison de subsister. Le code n'est plus qu'un point. Supprimons ce point. Les lois constitutionnelles reglent les rapports des citoyens et de l'État. L'État s'étant dispersé a la fois dans chaculle des associations libres de production, circulation, enseignement, renseignement, etc., et aussi et surtout dans le cerve-au de chaque citoyen, les lois organiques suivront le
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