La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

432 LA REVUE SOCIALISTE une classe de parasites Je l'assistance privée et publique. li se conçoit que, dans un État qui aura assumé la charge de tous les services publics, non sculc.:mcnt la surveillance des institutions confessionnelles d'assistance sera plus réelle au point de vue moral-c'est-à-dire qu'clles ne pourront dorénavant faire de l'assistance un moyen de prosélytisme, mais auront pour clientèle ceux d'entre les infirmes et les vieillards qui manifesteront leur préférence pour elles - mais c.:ncore au point de vue administratif, afin d'approprier à des tâches convenables les dérnyés Jont une administration anarchique des secours favorise le parasitisme. Pour cc qui est des orphelins, ils appartiennent incontestablement à la Cité, et seul l'État a le droit et surtout le devoir de se charger d'eux. Les institutions priYécs d'assistance, ou bien disparaitront, leur t:\chc étant désormais entreprise par l'État, ou bien se transformeront en cc sens que leurs membres utiliseront leurs facultés de déYoucmcnt sous le contrôle et avec l'appui de l'État, comme le font actuellement les membres des bureaux de bienfaisance dans les Communes, sous leur contrôle et avec leur appui. Mais nous pou,·ons et nous devons préYoir l'absorption de l'État dans la Cité. Il se produit, nous l'a,•ons vu, un mou,·emcnt d'absorption par l'État des institutions particuli<'.:rcs d'utilité publique. Le même mouvement a lieu dans les Communes qui tendent;\ reprendre les services publics d'éclairage, des transports urbains, de b distribution des eaux, de l\1ssurance des immeubles contre !'incendie, concédés à des entreprises particulières ou laissés à l'initiatiYc priYéc. Lors de la réforme de l'enseignement primaire comportant la gratuité, la laïcité et l'obligation, des groupements se formèrent spontanément dans toutes les villes de France où s'éveillait l'esprit démocratique. Sous le titre de « Sociétés du sou des écoles>> ou de« Caisses des écoles ll, ces associations voulurent faciliter aux enfants pauvres l'accès et la fréquentation de l'école par des distributions de vivres et de vêtements. Mais bientôt le budget de ces associations fut inférieur à leurs besoins. Les Communes interYinrent par des subventions. A Paris, notamment, pour l'institution des caisses des écoles, comme nous l'avons vu (1), aux repas et aux vêtements se sont ajoutés des inédicaments, des bains, des promenades et des excursions, des colonies de vacances, si bien que de créations nouvelles en subventions, et d'extension de ces créations en accroissement de ces sub,·entions, c'est aujourd'hui la Ville qui alimente pour les neuf dixièmes les ressources des caisses des ecoles. Elle s'est bien gardée, néanmoins, de leur enlever leurs attributions et leur initiative, car elle trouve dans leurs administrateurs des auxiliaires bénévoles, d'aut~,nt plus actifs et (1) La F:1111illeidéale, Revue socialiste de mars a juin 1893. /

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