LA CITÉ IDÉAI.I·: 433 Jévoués qu'ils remplissent volontairement une tâche qu'ils ont demandée. Il y a là le schéma de la prise en charge totale des enfants par l'État, et nous· verrons cette évolution s'accomplir par le triple concours de l'État, des Communes et des associations libres. Un pas encore et nous pouvons entrevoir le moment où l'État et la Commune disparaissent, remplacés par une fédération générale de ces associations éparpillées sur tous les points de la Cité. Rappelons une fois de plus que l'évolution des phénoménes sociaux et des institutions publiques ne s'accomplit pas d'une maniére unirorme, sur un plan rectiligne, et que pour s'influencer et se déterminer les uns les autres, ils ne vont pas spontanément du même pas. La transformation de l'un agit sur l'autre plus ou moins directe- .ment, celle-ci étant plus ou moins consécutive à celle-là. D'antre part, il peut se produire des sauts d'évolution, qui délaissent les étapes intermédiaires. Ainsi le Japon, dont la soudaine assimilation aux institutions de l'Occident et à ses procédés industriels a causé tant de surprise dans le monde et démoli tant de beaux systémes sociologiques et ethnologiques, n'a pas passé par les degrés intermédiaires de l'évolution politique et économique. Profitant de notre expérience, il nous a pris les institutions et les instruments au point de perfection où nous .les a\'ions portés. Il ne faut donc pas nous étonner si, notamment hors de France, où les établissements d'enseignement public ne sont pas des moyens de propagande confessionnelle et d'éducation religieuse, des universités libres, constituées par des souscriptions et des donations particuliéres, peuvent se passer complétement du concours de l'État et si, dans l'avenir, elles pourront conserver dans la Cité leur pleine indépendance sans avoir été, à aucun moment de leur existence et de leur développement, incorporées a l'État. Dans la communauté des biens de l'avenir, l'État se dissoudra précisément dans chacune de ces grandes associations spontanées, dont les unes, aujourd'hui, forment <les catégories obligatoires de fonctionnaires salariés de l'État, dont les autres forment des catégories volontaires d'auxiliaires de l'État, dont les autres, enfin, forment des catégories indépendantes qui assurent la marche de services sociaux importants. Ainsi tombe l'objection faite au régime collectiviste, et à plus forte raison au communisme, de vouloir transformer tous les citoyens en fonctionnaires. D'autre part, et dans la période d'organisation, qui peut durer dix ans ou cinq cents ans, il importe peu ici où sont seulement projetées des vues sur l'avenir social possible ou seulement probable, cet interfonctionnari_at de tous vis-à-vis de tous implique coordination des efforts et solidarité des individus, et nullement infériorité des fonctions et subordination des individus, selon une échelle qui irait de l'homme d'équipe et du wagon qu'il pousse dans la gare, au chef de
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