La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

ARRlfil\E LES DOGMES! rêts bourgeois », c'est la semence indispensable d'où doit germer sur la terre <les relations. économiques et une forme plus élevée de la vie humaine. lis constituent le lernin de la société de l'avenir. Plusieurs grands penseurs ont entrevu cette vfrité. « L'État, disait Platon, est en fin de compte, la société organisée; c'est l'homme en grand. » La poussce vers une vie morale plus haute, vers plus de perfection, poussée que chaque individu sent en soi, doit aboutir au développement de l'humanité. Ponr que l'ensemble soit bon, il ne faut pas que les parties de cet ensemble soient mauvaises. On ne saurait construire entre le passé et l'avenir un pont solide avec des planches pourries. Le but principal de tout effort scientifique et social doit être l'amélioratio11 morale de l'humanité. Sur ce point, nous sommes en retard, car, en comparaison du progres gigantesque du machinisme et de la production, en prévision de nos besoins matériels dans le domaine moral, il semble qu'il y ait plutôt arrêt. L'égoïsme est plus cultivé que l'altruisme, on néglige la vertu, qui renferme toutes les autres, l'amour de l'humanité. La question sociale n'est pas uniquement une question de ventre et <l'estomac, une lutte pour plus de pain. L'homme ne vit pas seulement de pain. Le bien-être n'est pas le seul besoin qu'il éprouve. Nous <levons ceindre nos reins pour des buts supérieurs, pour -une tâche plus noble, et a cette lutte nous devons porter en holocauste le meilleur de nos forces physiques et morales. Nous ne devons pas seulement compter sur la faim, mais nous efforcer de réveiller les sentiments de justice et d'humanité qui sommeillent dans les cœurs ouvriers. Nous devons lutter, non pas au nom du matérialisme, mais au nom d'un idéalisme bien conçu. Ce n'est pas l'égoï:ime qui doit nous diriger, mais un idéal qui travaillera à amdiorer, à purifier l'individu. Sans cette large compréhension <le notre tâche, les mauvais individus, sous n'importe quel mode de production, ne formeront qu'une mauvaise société ! Nous devons encore avoir plus faim de justice, de sacrifice, de fraternité et d'humanité que de pain et de viande! Seule la lutte pour un idéal, étoile lointaine qui doit nous servir de guide, nous donnera la force nécessaire pour vaincre, la foi qui transporte les montagnes. Élever le niveau de l'idéal populaire est un des besoins les plus urgents de notre temps. Ce n'est que lorsque nous dirigerons nos efforts de ce côté que le flambeau de l'enthousiasme éclairera notre sentier, que l'aube naissante du socialisme nous ramènera sur la bonne route, vers une société meilleure. RrnNzr (H. VAN KoL). Juillet 1898.

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