La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE social/mrliwlier dans lequel il vit, les hommes de son entourage, les -traditions, la littérature, les découvertes scientifiques de son temps; et enfin, les traits personnelsde son carnctere, conséquences de sa descendance, de l'hérédité, de l'éducation et de l'instruction, tous des facteurs gui ne sont pas négligeables dans la formation du génie. Si les livres d'histoire d'autrefois attachent une importance presque exclusive aux influences individuelles des hommes de génie et des héros, aujourd'hui on tient plutôt compte des influences sociales. Mais c'est tomber clans l'excès contraire, que de nier toute influence personnelle des hommes sur la marche de !'Histoire. La volonté et l'intelligence ont, dans certaines limites, un développement qui leur est propre, comme les rapports économiques de la société. Les uns et les autres ont - toujours dans de certaines limites - leurs causes et leur activité propres et il se produit entre eux un échange d'influence clans chaque cas déterminé. (Kautsky). L'affirmation que les mobiles psychologiques sont indépendants des conditions économiques est aussi peu justifiée que celle qui consiste à dire que les situations économiques se dévelopr1ent sans l'intervention de l'intelligence et de la volonté. Il y a échange d'activité entre les facteurs extérieurs et les facteurs intérieurs. L'évolutio11économique 11esaurait faire 1111 pas eu avant sa11sl'actionde l'intellige11relm111ai11e. Dans les premiers temps de l'histoire, l'évolution i11co11sciente est la force dominante, mais à mesure que l'intelligence humaine apprit a gouverner la nature, les hommes conscients réagirent sur le développement économique, qui est la conséquence de l'échange entre l'intelligence et les conditions économiques. Les hommes ne peuvent pas intervenir dans les relations économiques avec une absolue liberté et d'une facon arbitraire, mais ce qu'ils peuvent, c'est y mettre leur empreinte profonde et c'est ce qu'ils ont fait des siècles durant. Dans tous les siècles, et surtout dans le nôtre, l'humanité eut des meneurs et il dépend beaucoup d'eux pour que la route qui doit nous mener au but soit allongée ou raccourcie, pour que ce soit le progrès ou la réaction qui triomphe. L'aide de quelque,tindividus est nécessaire, la lutte contre certains autres est inévitable car l'influence des uns ou des autres peut maintenir un régime ou causer la chute d'un système. Une théorie ne subsiste que par ses défenseurs, l'ensemble par ses parties, et la société par la coopération des individus. Toute l'humanité donc a un intérêt primordial au développement moral, intellectuel et physique de l'individu. Ce n'est que par de meilleurs hommes que l'on formera une· meilleure société et vice versa. Des lois plus justes, une morale plus élevée, une religion plus noble, ne sont donc pas « des préjugés bourgeois qui cachent des inté-

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