H LA REVUE SOCIALISTE devra être permis i l'homme le libre et illimitc usage d~s \"êtemc11tset de choses semblables. Il résulte de tout cela que Thomas d'Aquin concevait en général la nature de la proprieté beaucoup mieux que les membres de l'Église catholique de nos jours, et à mon avis, justement. La faute de l'Église actuelle c'est qu'elle ne comprend pas comment par les gra11dcs industries, par le développement de l'agricuiture, du commerce, par toutes les découvertes de la science sur tant d'autres domaines, par les 1, l' • « trusts » et << kartells » des entrepreneurs, l autre part par orga111sation des ouvriers en syndicats, par leurs gréves, etc., la propriété commune deviendra un jour une nécessité et que cela est bon et juste; que, en somme, la propriété mourra j11sle111e1p1afrce qu'elle est 1111e i11stil11/ioh11t111aù1e « ajoutée ,i au Droit de la Nature. Le pérc ~c l'Église cite dans son ouvrage la secte hérétique des Apostolici qu'Augustin a combattue. Cette secte enseignait que personne ne pouvait posséder quelque chose; mais clk fut condamnée par l'Église. Oui, car de leur temps - nous l'avons déjù obscn·é'- il ne sembla pas possible que tous les hommes vecussent comme les moines et comme la majorité des ecclésiastiques. L'Église chrétienne l'a ti'tché, clic ne pouvait satwer le communisme que dans ses cloîtres. Thomas le dit nettcmc11t : lis se separaicnt de l'Église « en ne laissant pas d'espoir a ceux qui possèdent cc qui leur manque>>. lis étaient des socialistes dans un temps oü le socialisme ne semblait pas encore susceptible d'être realise. Tonte la question est la! Mais ils n'eussent pas été condamnés si les conditions sociales avaient rendu nécessaire la propriéte commune comme il en fut au temps des patriarches, dans les tribus errantes dont nous ont donne une image les Israélites dans la Bible et comme cela devient de plus en plus une necessité de nos jours. Si pourtant Thomas d'Aquin déclare qu'il doit être permis à quelqu'un de posséder une chose en propriété indi\'iduelle, il rejette cette propriété quant à l'usage de celle-ci. Sur cc point l'homme doit considérer cc qu'il possède de droit comme un bien non pas lui appartenant en propre, mais comme chose commune. \'oilà pourquoi, particulièrement au Moyen-Age, Jans les ordres ecclesiastiqucs on maintenait le regime qui tient,\ l'ècart la propriéte individuelle des cloîtres. D'oü provient qu'il ne fut pas permis aux membres des communautés religieuses (comme celle des Bénédictins) de posséder personnellement, cc qui était bien permis aux monasteres formant un corps. François et Dominique, vers la fin du Moyen-Age, allaient encore plus loin en interdisant même ù l'ordre entier de posséder des propriétés. Ils formaient les ordres des soi-disant moines mendiants, ordres dont
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