La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

SUR LA PROPRIÉTÉ ET LES PÈRES DE L1ÉGLISE 33 possession commune, parceque l'homme est pécheur, et parce que par cette qualité et la faiblesse l'homme n'est pas en mesure de vivre conformémen-t' au Droit de la Nature. Ceci est conforme entièrement à la philosophie spéculative du Moyen-Age selon laquelle le travail et aussi le /mit de ce travail, la propriété, devenait,11éressairse1l1emeutaprès la élrnte originelle. La propriétc commune est l'idéal auquel l'homme doit renoncer seulement parce qu'il est impaijait et qu'il est pécheur. D'oü l'on peut conclure que l'homme doit être considéré comme tâchant de s'approcher de cet idéal le plus possible. Thomas d'Aquin, le philosophe du Moyen-Age, a compris si clairement la nature de la propriété qu'il en jugeait en son temps de la même façon que les penseurs d'aujourd'hui. Non pas selo11le Droit de la Nature, « mais bien selon les préceptes lm111ai11s Ji, dit Thomas, la « diverge11centre les possessions 11 existe. Le droit de posséderest 1111i1e1ve11tio11,11i1e1stit11tiodnes /Jammes«ajoutée JJ a11Droit de la Nature, i11stit11péarcequ'il était nécessaire;,nais qui peut et doit être rejetéeaussitôtque cette11écessinté'existeplus. Thomas d'Aquin ne put en juger autrement en son temps. Toute la production du Moyen-Age reposait sur le travail manuel du petit paysan avec sa pelle et sa bêche; sur celui du compagnon d'un corps de métier avec son couteau de boucher, ses outils de tisserand. Cette situation avait coinme conséquence la propriété individuelle du sol comme des instruments de travail (outils, etc.). Cependant, depuis que surgissaient les grands ateliers avec leur . division du travail; mais surtout depuis que les grandes industries se développaient et que partiellement l'agriculture également - comme en Amérique - est exercée sur une échelle gigantesque, depuis ce moment-là la petite propriété pourra se transformer et devra se transformer de nouveau en propriété commune. La grande masse des ouvriers se trouvent séparés des moyens de production, du sol et de leurs instruments de travail, leur intérêt n'est plus d'un caractère individuel, mais d'un caractère collectif. Alors tombent les raisons qui faisaient dire au scholastique médiéval que la propriété individuelle est nécessaire; elles 11etornbero11t pas parce que l'bommeest devenu moins coupable,moins pécheur, mais parce qu'il est devenu plus penseur, parceque l'humanité s'est développée et se procure ses moyensd'existenced'une autre façon et plus facilemeut qu'tw Moyen-Age. ' La premiere observation tout à fait exacté de Thomas d'Aquin que l'homme « doit avoir ... la faculté de posséder quelque chose, a quoi il apporte ses soins et qu'il gere », persiste donc se~lement. Dans chaque société, n'importe dans quel stadium, il doit être naturellement et il

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