' .. ' LA SITUATION INTERNATIOJ'\ALE propagande slave, en Bohême, en Galicie, en Croatie-Esclavonie. On s'est habitué, de.longue date, en Occident, à ne plus attacher une très grande attention à la politique autrichienne. L'attitude que la chancellerie de Vienne a tenue à Constantinople et en Créte, lors des derniers troubles, n'a guère relevé son prestige. Encore une puissance de premier rang, dont le rang n'est plus que nominal, et qui de fait est tombée au second plan ! * * * Parmi les luttes commerciales des grandes puissances, la Crète agonise. L'incendie de Candie, en septembre, est un symbole. A peine l'Europe officielle a-t-elle levé l_esyeux des cartes d'Asie et d'Afrique pour considérer cet embrasement qui surgissait à ses portes. Elle a déplacé quelques soldats, grossoyé quelques notes procédurières à l'adresse du Sultan, puis il lui a semblé que son devoir civilis.1teur était accompli. Les événements de Crète ont mesuré exactement le dédain des puissances pour la justice, - et le recul de la question d'Orient dans la préoccupation générale. Chemin faisant, nous avons tâché d'expliquer l'attitude de chaque cabinet en cette affaire; nous avons incidemment flétri les reniements, qu'impliquent tant d'abstentions devant des troubles aussi graves. Ce qui est étrange, c'est que ni l'Angleterre, ni la Russie, - ni la France, n'aient compris qu'en servant là-bas le droit, elles servaient aussi leurs intérêts, et qu'il était d'une politique dangereuse de tolérer dans la Méditerranée orientale le dévelopment de l'autorité germanique. On peut dire sans exagération que les cabinets de Paris, de Londres, et de Pétersbourg - nous laissons a dessein ceux de Vienne et de Rome, ont été les complices bénévoles du programme de Guillaume II. L'abandon des Crétois, ç'a été un hommage de plus à l'Allemagne, et ce qui est non moins gros de suites - c'est une consécration de plus au relèvement de la Turquie. Déjà la solution des affaires d'Arménie, en d'autres termes la capitulatiqn des puissances devant l'apathie et la rouerie de la Porte, avait remis le prestige d'Abdul-Hamid à un point d'éclat que la monarchie ottomane n'avait pas connu depuis des années, sinon des siècles. Le triomphe facile de ses armées sur la Grèce, l'an dernier, avait donné rine figure de conquérant au descendant des Solimans et des Sélims. Maintenant- un nouvel avortement de l'Europe en Crète constituerait un couronnement que la diplomatie de Stamboul médite avec patience. Le jour ou 'les forces internationales évacueraient la Canée, Candie, Rethymo, toutes les villes de ruines et de cendtés ou les bachi-bouzouks exerçaient leurs fureurs, le « grand saigneur » pourrait se considérer comme un grand souverain et comme tin restaurateur d'empire .
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