32 LA REVUE SOCIALISTE autres, c'est alors qu'il agit illicitement. Et aussi le rie/Je n'agit pas illicitemwt s'il ~assure d'avance d'une chose qui était au commencement commune, mais il p1:r!Je s'il empêche indiscrètement· d'autres d'user de cette chose. D'où saint Basile dit au même endroit : « Pourquoi êtes-vous dans l'abondance tandis que celui-là mendie, si ce n'est pour vous rendre utile et nécessaire en la communiquant également aux autres et pour qu'il reçoive une récompense pour sa patience ? Ad terlium dicendum, quod cum dicit Abrosius; Nemo proprium dicat quod est commune : loquitur de proprietate quantum ad usum. Unde subdit : Plusquam suffi- (Crct sumptui ,·iolentcr obtentum est. 'Froisiè111e111ent, il faut dirl! que si Ambroise prétend : « Nul ne doit considérer comme son propre ce qui est commun», il parle de la propriété qui sert à l'usage (quotidien). C'est pour cela qu'il y ajoute: t< Si l'on possède plus que ce qui est strictement nécesaire à l'usage (quotidien), c'est obtenu par la violence. » Commençons par la dernière citation : L'ouvrage de Thomas d'Aquin, le célèbre Doc/or U11iversalis, a certainement le pius d'autoritè, et surtout, de nos jours, sous le pape Léon XIII, il est estimé haut dans les cercles catholiques. Le Doc/orUniversalis examinait de tout près ses matières, pénétrait plus que personne là-dedans en donnant ses jugements philosophiques en tant qu'enfant de l'Église. Comme de coutume, le professeur de l'Église met les erreurs, les « objections », en avant selon la méthode scholastique. Mais on s'étonne aussitot que saint Thomas ne rejette pas l'erreur précitée (« objection >)) parce qu'elle ue seraitpas vraie. Contrairement, jusqu'au dernier moment, Thomas d'Aqùin persiste à déclarer que « le Droit uaturel désire la propriété com1111111e 1 (Quod communitas rerum attribuitur juri naturali). Donc il reste fidèle a sa déclaration précitée : « Selon le Droit de la Nature lo11/esles cbosessont co1111111111es. 1 Mais il rejette comme menant trop loin la conséquence tirée de la: « De sorte qu'il est illicite a chacun de s'approprier une chose en dehors de lui. )> Et pourquoi la rejette-t-il? Quand on lit attentivement la citation, les motifs donnés par Thomas d'Aquin sont les suivants : D'abord, l'homme doit avoir la faculté de posséder quelque chose a quoi il apporte ses soins et qu'il gère et ensuite la propriété particuliére est nécessaire à la .vie humaine pour trois raisons : 1° Pour que l'homme soigne mieux la chose qui lui est confiée et qu'il s'adonne moins aux loisirs; 2° pour que la chose marche avec plus d'ordre; 3° pour qu'il en surgisse moins de querelles. Thomas d'Aquin, pour concentrer tout cela, rejette seulement la
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