LA SITUATION IXTER:-.ATJONALE plébiscite crétois, c'est la Russie qui les a dictés. C'était jeter la plus navrante des flétri~sures sur une nation, qui a mis à la base même de son histoire contemporaine et de ses revendications, l'affranchissement des races opprimées et le droit des nationalités à disposer d'elles-mêmes. Il y a plus encore ; l'alliance franco-russe a exercé une influence profonde sur notre politique intérieure; exploitée sans ·scrupules par des hommes qui avaient juré la désagrégation de la République, elle a été le pavillon '.qui couvre tous les reniements, toutes les réactions, tous les complots contre les libertés. Entre notre orientation extérieure et la crise cléricalo-militaire que nous subissons au dedans, il y a des rapports étroits et que les publicistes de l'avenir retrouveront à coup sûr. Avant Cronstadt et Toulon, nous avions déjà connu les régres- • sions, les attentats législatifs contre les progrès arrachés; Cronstadt et Toulon ont marqué cependant la date critique du régime actuel. L~mitié czarienne aura failli tuer la démocratie. La France a décliné, elle décline encore parce qu'elle s'est retournée contre elle-même, parce qu'elle a violé le principe vivifiant, transmis de génération en génération, proclamé il y a un siècle; - celui qui a fait d'elle la maitresse des révolutions. Autour de nous, les sympathies ont été décroissant, les .amitiés tenaces se sont découragées. Nous avons commis, de par la volonté de la bourgeoisie conservatrice, une rupture de traditions dont l'humanité tout entière nous demande compte. Ne pouvant égorger la République rétablie, les cléricaux et les réacteur!. de toute nature ont essayé de la déshonorer. Ne pouvant imposer la restauration du temporel pontifical, ils ont réussi à paralyser la splendide action morale qui était le titre de gloire de ce pays devant le ,monde; comme ils peuplaient sa diplomatie, ils ont réduit son rôle en l'associant à des besognes inférieures et indignes de lui; comme, sous un masque d'emprunt, ils avaient ressaisi la meilleure part de l'autorité publique, ils ont repris les attitudes équivoques d'une monarchie de Juillet. De 1877 à 1890, le parti opportuniste, livré à lui-même, a appauvri et abaissé la France, par ignorance et par appréhension de la démocratie. Mais notre grande décadence date du jour ou· 1a République a été vendue aux ralliés et au Vatican, et ou, traînée à la suite de la monarchie la plus autocratique du Continent, elle a abdiqué la pensée pour devenir un agent subalterne d'exécution. * * * Les autres· grandes nations latines, pour employer le vocable commun, l'Espagne et l'Italie, ont traversé et traversent encore une étape autrement douloureuse que la nôtre. Elles, non plus, n'ont pas compris les exigences des temps, la profonde transform~tion que • -- I'
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