LA SITUATION JNTER:--IATIO:--/ALJ;: 401 Continent et de l'Asie, une puissance économique d'une extraordinaire énergie, dont on qe peut encore que deviner la poussée prochaine, mais qui, par les conditions mêmes où elle opérera, révolutionnera une fois de plus la production. La race slave voit son heure arriver. Elle a certes dévié de sa route primitive, mais que lui importe, puisque sa destinée grandit d'autant? Et puis, elle n'a pas abandonné totalement ses plans d'autrefois, et compte bien y revenir par une voie imprévue. Le fameux programme de Pierre le Grand, celui que Panin rédigeait sous Catherine II, et qui déja manquait - il y a cent-dix- / huit ans-de déchaîner une terrible guerre avec l'Angleterre, n'est peutêtre pas déserté pour toujours. L'émancipation des derniers orthodoxes des Balkans, la mainmise sur Andrinople et Constantinople, le refoulement des Turcs hors d'Europe, tous les desseins de jadis, semblent bien caducs; la Russie n'a pas donné son p1aximum d'action dans les crises qui se sont ouvertes et déroulées depuis 1895 en Orient, et sa condescendance en Arménie et en Crète s'accordait assez peu avec sa tradition de protectorat chrétien dans l'Empire ottoman; mais puissance asia• tique aujourd'hui, la Russie peut un jour, par un nouveau revirement, redevenir puissance européenne et engager, <l'Est en Ouest, au lieu de l'attaquer du Nord au Sud, l'entreprise finale contre la Porte. Il est vrai qu'alors une double difficulté surgira. Que fera-t-on des Turcs, qui n'auront même plus la ressource de se réfugier vers lèur habitat d'origine? Ne se heurte;a-t-~:)11pas à l'Allemagne, dont la domination se sera vraisemblablement implantée sur les hauts plateaux d'entre la Mésopotamie et !'Archipel? En tout cas, les Balkans inquiètent assez peu le czar à cette heure ; l'Europe centrale et occidentale n'attirerait guère son attention, s'il n'y suivait la solution du problème capital posé par la pénétration de la Chine. Et cette seule constatation indique la profondeur de l'erreur commise par la France sur l'efficacité pratique de l'alliance russe. Depuis la guerre, tous nos regards étaient sur le Rhin ; depurs cinq ans, les czars tournent de plus en plus le dos à l'Occident. On •peut être sûr que le~ gouvernants russes ne prendront jamais les armes que pour sauver leur prépondérance en Extrême-Orient. Ils comptent bien, au surplus, qu'ils n'auront pas de longtemps .une guerre à mener. Si paradoxale que soit en apparence l'affirmation, il n'y a pas sur notre continent,après la Suisse et la Belgique, un pays plus pacifique que la Russie. Nous avons dit que la caste militaire, bien moins solidement assise qu'en Allemagne ou qu'en France, n'était là-bas qu'un rouage subalterne dans l'État. L'empereur n'a pas besoin, comme la dynastie d,eSavoie, comme les Hohenzollern, comme la bourgeoisie dirigeante de notre République, de chercher des dérivatifs aux emban;as intérieurs, de militariser le peuple pour le dompter,
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