LA REVUE SOCIALISTE violents qui ne laissaient aucune place ni à la spéculation paisible, ni aux travaux appliqués. Il donna du moins l'exemple de l'héroïsme et du dévouement, en se consacrant avec une ardeur que rien ne rebuta, avec une constance qu'aucun échec ne put abattre à la cause des opprimés: en s'acharnant tour à tour à la libération de la Crète et à la libération de la France. Charles· Prolès a reconstitué avec un rare bonheur cette physionomie captivante, pleine de charme, et raconté en des pages d'un émouvant intérêt cette existence, hèroïque comme celle d'un chevalier de rom,m. A mesure qu'il poursuit !'oeuvre de glorification des hommes de r871, le coeur se serre, à la pensée de tant d'existences precieuses, d'intelligences remarquables, fauchées dans leur fleur, comme celle de Flourens; espérances éphémères, si tôt brutalement emportées dans l'ouragan de massacres qui suivit l'ouragan de la défaite et décapita de son élite la génération de 187 1. G. R. L'Église à travers l'histoire, 1 vol. in-18, par PAUL GALIMANT,Giard et Brière. - Ceci est un livre de polémique, M. Galimant nous en prévient, dans une courte introduction où il nous dit à quelles considér:i.tions il a obéi en écrivant ces études. « Sous l'influence de !'Esprit nouveau, terme barbare qui sous l'apparence <.!_'.unfe inte conciliation, cache le péril le plus grave et le plus redoutable, il est dt:\·cnu de bon ton de railler les esprits chagrins qui n'ont cessé de voir dans l'Eglise et dans le cléricalisme un danger pour no!> institutions .... La France tourne à la réaction, tout au moins dans le milieu privilégié de la bourgeoisie qui a cessé d'être voltairienne le jour où il lui est apparu clairement que l'esprit religieux serait pour elle l'appui solide qui lui garantirait ses privilèges. li y a, pour la masse laborieuse, double danger à ce retour en arrière : danger moral d'une culture intellectuelle atrophiée par des pratiques ridicules et un enseignement faux, danger matériel d'un moyen de gouvernement qui entravera sa large expansion vers le mieux-être et la liberté. » Les circonstances politiques au milieu desquelles ce livre voit le jour ne confirment que trop les craintes exprimées par M. Galimant dans les lignes ci-dessus. L'esprit philosophique et scientifique, qui pour s'affirmer avait dù, à chaque pas, repousser les agressions et braver les défenses de l'esprit catholique, s'était déshabitué, depuis quelque temps, de la polémique avec son adversaire séculaire. Dédaignant les basses attaques de sacristie et fort de la puissance de la vérité, il allait droit devant lui, tolérant jusqu'à l'indulgence, du jour où son ennemi n'affichait plus la prétention de le juguler et d'entraver son oeuvre. Mais si l'Église, au cours de ces vingt dernières années, a mis une sourdine à ses ambitions elle n'a abandonné rien de ses exigences. Contrainte par les événements de céder la suprématie qu'elle exerçait encore hier, elle n'a pas moins poursuivi, par des voies obscures et souterraines, le retour à cette suprématie et aujourd'hui éclate au grand jour l'œuvre néfaste de sa politique silencieuse, par les anathèmes furibonds des père Olivier et des père Didon, appuyés sur l'approbation des généraux et des hauts fonctionnaires qu'elle a su placer à la tête des grands pouvoirs de l'État. Le livre de Galimant vient donc à point réveiller les souvenirs du passé douloureux que la science et la philosophie avaient un instant oubliés, au lendemain de la victoire partielle remportée sur
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