SUR LA PROPRIÉTÉ ET LES PÈRES DE L'EGLISE séquent elle produit aussi la nourriture pour tous en -:ommun. Vainement ceux-là prétendent revendiquer le bien commun de Dieu exclusivement pour eux-mêmes, qui s'imaginent être innocents; de m~me ceux qui, ne distribuant pas ce qu'ils ont reçu, occasionnent la perte· d'autrui, en en tuant quotidiennement une quintité correspondant à la proportion de vivres qu'ils cachent chez eux. Tel'lio, et c'est ici le point principal sur lequel j'insiste, je reproduis un pàssage du deuxième tome de la Summa Théologiae de saint Thomas d'Aqùin. 66• question. Article 2. SECUNDA SECU~DAE PARTIS SUMMAE 1HEOLOGIAE SANCTI TIIO~!AE .~QUJNATlS Quaestio LXVI. Articulus II (Utrum liceat alic11irem aliq11a11q1uasi propriam possidere.) Ad sccu11d1mi sic proceditur. Videtur quod non liceat alicui rem aliguam quasi , propriam possidere. Omne enim quod est contra jus naturale est illicitum. Sed sccundum jus naturale omnia sunt communia : cui quidem communitati contrariatur • proprietas posscssionum. Ergo illicitum est cuilibct homini appropriare sibi aliquam rem exteriorem. DEUXIÈME § DU IIC TOME DE LA S111m11Tahéolog-iae DE SAl>l'f THOMAS n'AQUJl\ 66° question. Art. 2 (s:Jl est per111is à, quelqu'undeposséderquelquechoseco1111smapropriété i,,dividuelle.) Deuxiè111e111eut ·on procède de la sorte. li paraît qu'il n'est permis à personne de posséder quelque chose en propre. Car tout ce qui est .contraire au droit de la nature est illicite. Mais selon le droit de la nature toutes les choses sont communes. Le droit de posséder est contraire à cette communauté. De sorte qu'il est illicite à chacun de s'approprier une chose en dehors de lui. 2. Praeterea, Basilius dicit, exponens praedictum verbum divitis, sicut qui praeveniens ad spectacula prohiberet advenientes, appropriando sibi quod ad communem usum ordinatur : similes sunt divites, qui communia, quae praeoccupaverunt, aestimant sua esse. Sed illicitum esset praecluJere Yiam aliis ad potiendum communibus bonis. Ergo illicitum est appropriare sibi aliquam rem communem. 2. En outre, dit Basilius (expliquant les paroles précédentes de l'homme riche [r)), de même que celui qui dans un spectacle empêcherait le public en accaparant ce qui est destiné à l'usage commun, de même les riches qui croient que les choses communes qu'ils se sont al'Wopriées auparavant sont r leur propriété à eux. Il serait illicite de barrer le chemin à d'autres afin de s'approprier des biens communs. Par conséquent il est illicite de s'approprier une cl:10secommune quelconque. 3. Praeterea (In sermo 81)Ambr. dicit, e't habetur in Decret. dist. -li· cap. Sicut hi Proprium nemo dicat quod est commune. Appellat :rntcm commune, res exteriores, (1) L'homme riche de l'Évangile:
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