La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

,, LA REVUE SOCIALISTE ils n'accomplissent pas leur devoir comme catholiques et ont en leur possession des biens qui appartiennent aux autres, dans ce sens qu'ils retiennent ce qu'ils devraient distribuer aux pauvres selon les préceptes de la charité chrétienne. Ce que saint Augustin, pere de l'Eglise, vous enseigne, dira-t-on, n'est pas autre chose que la « pitié chrétienne )>, mais ce n'est pas un combat contre la propriété individuelle ni contre le droit des riches de la posséder. Cette réponse qui semble ne pas pouvoir être discutée n'est peut-être qu'une échappatoire et un commentaire arbitraire du texte. Il faudrait pouYoir consulter le pere de l'Eglise A11g11stin personnellement pour lui demander s'il y a de ses paroles un sens plus profond à tirer ou s'il s'agit seulement d'un appel à la (( pitié )). Etant donnée la difficulté de la discussion, je commence à commenter trois jugements de peres de l'Eglise, don~ le témoignage fait autorité pour chaque catholique, et je les jette ici dans la discussion publique. En premier lieu, je fais suine un précis de l'interprétation du psaume r r8 faite par saint Ambroise : Cum pr:1.:scrtim Deus Dominus tcrram h:111c possessionem omnium hominum volucrit esse communem et fructus omnibus ministrare; sed avariti:i. possessionum jura distribuit. Justum igitur est, si aliquid tibi privatim vindices quod generi humano, immo omnibus animantibus in commune collatum est, saltem aliquid inde pauperibus aspcrgas; ut qui bus hui juris consortium debes his alimenta non degenes. (Expositio in Psalmum IJ8 senno 8: 22.) Tandis que le Seigneur a surtout voulu que cette terre fùt la propriété commune de tous les hommes et produisît des fruits pour tout le monde, l'avarice a partagé les droits de la propriété. Donc il est équitable, si vous vous âppropriez quelque chose qui est octroyé au genre humain et mème à tous les êtres animés, que \'OUSen distribuiez au moins quelque èhose aux pauvres pour que \'Ous ne refusiez pas l'entretien ù ceux auxquels vous devez le consortium de votre droit. Ensuite_ une opinion tirée de l'ouvrage connu du papeGrégoire I: PastoralisCurae : Admonendi sunt qui nec aliena appetunt, nec sua Jargiunter, ut sciant sollicite quod ea, de qua sumpti sunt, cunc-tis hominibus communis est terra et sic quoque communiter profert. Incassum ergo se innocentes putant, qui commune Dei munus sibi privatim Yindicant; qui cum accepta non tribuunt, in proximorum nece grassantur, quia tot pene quotidie perimunt quod morientium pauperum apud se subsidia obscundunt. Pasloralis C11rne. B. G. go11ii (Pars III, Ad111011il2io2). Il faut exhorter ceux qui ne convoitopt pas ce qui ne leur appartient pas et ne distribuent pas leur bien à bien savoir que la terre, du sein de laquelle ils sont nés, est commune à tous les hommes et que par con-

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