LA REVUE SOCIALISTE britannique (r). Là, également, les années 1890 - 91 marquent l'apogée des accroissements du commerce extérieur et après 1892, les totaux s'abaissent jusqu'à 1897, année ou les augmentations sensibles réapparaissent. Or comme ni l'Angleterre ni l'Allemagne n'ont remanié leur tarif douanier et que le commerce _de ces deux nations a suivi b tendance décroissante du commerce français, il faut bien en conclure qu'en France, en Angleterre et en Allemagne, l'évolution commerciale identique de ces trois pays s'est produite sous l'influence de causes communes et générales. Dès lors, inutile d'invoquer les tarifs douaniers comme le fait M. Yves Guyot ou de rectifier les chiffres selon les prix de 1897 comme le fait M. Domergue - à moins d'opérer de même pour le commerce britannique et allemand. Nous ne disons pas, remarquez-le bien, que les tarifs de 1892 aient été sans influence sur le développement de nos échanges, mais l'examen comparé que nous venons de faire montre tout au moins qu'il ne faut pas réduire à ce seul facteur l'ensemble des causes générales qui ont influé sur le marché français, dépendant du marché universel (2). Au nombre de ces causes générales, nul doute, comme l'observe M. J uglar dans sa communication, que le krach de la maison Baring ne soit intervenu ou tout au moins qu'il n'ait contribué à précipiter la dépression dont les krachs financiers sont les avantcoureurs certains. Cette influence - ou plut6t cette coïncidence - est d'ailleurs attestée par tous les autres facteurs caractéristiques des crises commerciales universelles: les bilans des banques de France et d'Angleterre, les taux de l'escompte, etc., qui viennent confirmer l'hypothèse de la crise. Donc, en résumé, la loi des cnses entrevues par Fourier, for- (1) Ce que je dis ici du para!lélisme de l'évolution commerciale en Allemagn<!, en France et en Angleterre n'infirme en rien les constatations faites par notre collaborateur Paul Louis sur la décadence générale de la production française. Si nos forces de production s'affaiblissent graduellement, la vie économique française n'est pas moins soumise il l'action des causes universelles qui déterminent les périodes de dépression ou de prospérité. Les souffrances que provoque le resserrement du marché mondial sont seulement plus sensibles en France que dans les pays voisins, la dépression qui s'ensuit est plus considérable et quand les échanges reprennent leur marche normale, la production française se releve d'un pas moins rapide que la production anglaise ou :illfmande. Les phénomènes, en un mot, ne se superposent p1s exactement les uns sur les autres, mais indiquent une tendanoe commune dans tous les pays et c'est cette tendance identique qui révele leur communauté d'origine. (2) Je fais à propos des tarifs de 1892, étudiés dans lenrs résultats par Paul Louis, la même observation que ci-dessus. Il est évident que ces tarifs ont exercé une action considérable sur nos échanges. Mais puisque la marche du commerce allemand et britannique présente les mêmes caractéristiques de dépression et de relèvement que celle du commerce français, c'est qu'une autre cause plus haute et plus générale a également influé sur les échanges de tous ces pays, y compris la France.
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