La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

REVUE DE{ REVUES présidé par M. Méline, - la diminution du commerce génc.'.:ralsurvenue de 1892 à 1897 n'était qtJ'apparente. Les prix a\'aient Aechi de 79 à 6 I, pendant la période I 878- I 897 sur les prix de 1867 :i I 877, tels que les donnent les Index N11111ber de Sauerbeck. De là l'apparente diminution constatée. E.n réalité, le volume du commerce extérieur, poids et quantités, n'avait pas suivi la courbe des prix. Pour rétablir l'évolution exacte de nos importations et de nos exportations, l'administration de M. Méline avait donc eu l'idée, assurément ingénieuse, de refaire le tableau des accroissements et des diminutions de notre commerce, non plus d'aprés les prix réels de 1887-97, mais sur le taux d'évaluation de 1896-97. De telle sorte que le commerce des années antérieures se_ trouvait réduit dans des proportions considérables, ce qui permettait aux protectionnistes d'affirmer que les tarifs douaniers de 1892, loin de ralentir le développement commercial de la Fi"ance, l'ont au contraire favorisé. En effet, après cette manipulation subie par nos statistiques, les exportations accuseraient une plus-Yalue de 429 millions et les importations une plus-Yalue de 396 millions. Mais il suffit, pour mettre en évidence le caractére extrayagant de ces prétendues rectifications, de la remarque suivante : les chiffres du commerce de 1897 donnent sur les totaux réels de 1887, à l'importation, une moins-value de 25 millions et à l'exportation une vlus-Yalue de 265 millions. La prétendue rectification opéree par le gouvernC'rnent de M. Méline fait gagner plus I, 300 °/o aux importations, puisque la moins-value de 25 millions se transforme en un accroissement de 396 millions; et l'exportation, au contraire, ne gagne que 265 millions, soit 32 °/o, environ. Comment des bases d'évaluation aboutissant à des totaux pareils seraient-elles justes? - Enfin, même en adoptant ces bases, les prix rectifiés se retournent contre la thése protectionniste, car dans ce cas, ce seraient surtout les importations qui auraient bénéficié de l'application du tarif douanier de 1892. Et l'on sait que le miracle protectionniste poursuivi par la grande commission des douanes devait consister surtout dans une réduction croissante des importations et une augmentation indéfinie des -.- exportations. Mais pour que les deux théses contradictoires de MM. Yves Guyot èt Domergue qui tous deux,• à deux points de vue opposés, attribuaient à l'action exclusive des tarifs de 1892 les résultats commerciaux constatés depuis cette date, reposassent sur un semblant de réalité, il aurait fallu que la courbe des échanges de la France avec· l'étranger fût particulière, exclusive au commerce français. Or si l'on veut bien se reporter au tableau cité plus haut, on verra qu'il n'en est rien. L'évolution de nos échanges a été absolument la même q_ue celle du commerce extérieur allemand et ,,. -•

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