SOR LA PROPRIÉTÉ ET LES PÈRES DE L'ÉGLISE 27 seront socialistes; le clergé inférieur suivra l'exemple donné par le pape et les évêques et l'Eglise fera volte-face. Encore une fois, je sais tout cela, et je n'écris cet article que pour une cause scientifique. Dans des circonstances semblables, il est important dans une discussion au sujet de la propriéte de choisir en premier lieu des citations de pères de l'Eglise, dont l'autorité ne fait ombre de doute pour aucun catholique. Ensuite, ces citations doivent être aussi complètes que possi~le, accompagnées du texte l:ltin pour qu'on ne puisse m'accuser de bonne foi que ces jugements les concernant aient eté disloqués. Il me souvient d'une discussion dans un journal avancé sur le jugement bien connu de !'-abbé CaesariusdeHeisterbacb qui concluait : (C Tout riche est 1111 voleur ou l'héritier d'1111 voleur>>. Cette phrase se trouve dàns ses Ho11l'ilia III, 66. Caesarius, nous a répondu un prêtre dans un journal catholique, est connu pour ses descriptions de scènes du Moyen-Age entre le Rhin et la Meuse (surtout de la vie rustique), ainsi que par ses légendes. Mais il n'a pas d'autorité sur le terrain ecclésiastique. Alors, il faut choisir des pères de l'Eglise ayant « de l'autorité », en laissant de côté le jugement de l'abbé cistercien Caesarius et ceux des hommes qui peuvent être rangés sur la même ligne que celui-ci. Mais quand même, si nous nous bornons à citer les écrivains ecclésiastiques ayant de l'autorité, nous trouvons cette autre difficulté que la prêtrise catholique a sur le terrain économique, comme sur celui de l'histoire, non seulement ses pères de l'Église, historiens, etc., à elle, mais aussi sa propre manière de commenter les œuvres de ces écrivains, tandis qu'elle ne se soucie p~s de ce qui se trouve en dehors de leur << science ». La preuve, je la trouve encore une fois à l'endroit suivant des œuvres de sai11tAugustin, qui fut sans contredit un maître ayant de l'autorité. Saint Augustin dit : Superflua divitum uecessaria sunt p:rnperum : Res alicnae possidentur, cum superflua possidentur. (Enarratio in Ps. 147, 12.) _ Le superflu des riches est le nécessaire des pauvres. Il a des biens appartenant à autrui celui qui a du superflu. • On pourrait penser peut-être que ce jugement est suffisant pour amener tout catholique à la réflexion. Mais du côté du clergé catholique, qui à cette époque historique'de_la fin du dix-neuvième siècle combat la propriété commune, on vous répondra: « C'est juste, c'est ce que le chri&tianisme enseigne: ce qui est nécessaire aux pauvres doit proYenir de l'abondance des riches. Quand ceux-ci le leur refusent, surtout dans une misère atroce, -
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