La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

312 LA REVUE SOCIALISTE droit de circulation, et décida le doublement des licences en province et leur introduction a Paris. Depuis, la réforme de l'impôt des boissons est restée sur le dos ... sur le dos des communes a octroi. On n'en parla plus au Parlement. Et, afin de ne pas paraître devant la France électorale sans aucune réforme, c'est aux communes que l'on demanda le dégrèvement des boissons hygiéniques, - sans participation financière de l'État; - sans même qu'ait été tenue la promesse gouvernementale (M. Poincaré) de supprimer les droits d'entrée dans toutes les communes qui consentiraient a supprimer leurs taxes d'octroi. La Loi du 29 décembre 1897 Tronquée et mutilee, revenait devant la Chambre, la proposition de loi qui portait encore comme en-tête, sans doute par antiphrase : ~ Suppression des droits d'octroi sur les boissons hygiéniques». En réalité ce n'était ni un acheminement vers la disparition des octrois, 1 ni même un encouragement à marcher dans cette voie. Qu'importaient les diminutions de tarifs, si elles devaient être plutôt un étai qu'une brèche, si ces insuffisantes détaxes ne devaient servir qu'a consolider le principe même de l'institution tant de fois réprouvée? Qu'est-cc qu'une réforme sur les liquides alimentaires indispensables qui nécessiterait ça et la l'élévation des droits sur les solides comestibles et combustibles, éomme la viande et la houille! Et qu'est-ce encore que cette sorte de hiérarchie d'ordre successif entre les taxes de déplacement autorisées, où il n'est permis de puiser a la taxe n° 2 ou 3, qu'après avoir épuisé les taxes n°5 r et 2, etc ... ? Défense de songer a l'enlèvement complet des barrières de l'octroi, empêchement au dégrèvement total des boissons hygiéniques, restriction dans les modes de détaxes partielles, limitation excessive de la liberté commulilale, organisation de petits bénéfices ridicules au seul profit de la viticulture, du commerce de gros et des consommateurs riches et moyens, - taxes de déplacement pesant uniquement sur les débitants, le comtnerce de détail et dont la répercussion s'exercerait fatalement sur les classes pauvres, - voilà tout ce qu'apportait le texte sénatorial, qui fut apprécié a sa juste valeur par pres·que toute la Chambre, y compris le rapporteur M. Guillemet, lequel rapporta pourtant favorablement, mais avec quels regrets et quelle confusion, et, ce qui vaut mieux, une grande propension à se laisser impressionner et suggérer des modifications de style ayant une portée sérieuse. MM. Edouard Vaillant et Jules Guesde proposèrent successivement sans succès a la Chambre, le premier la faculté pour les corn-

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==