La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

• NOTRE DtCADENCE tCONOMIQUE 21 4° Que le mouvement général de notre naYigation, comme le trafic de nos ports, était en baisse notable; 5° Que notre marine marchande tombait sans relâche au-dessous d'elle-même, en même temps que notre pavillon déclinait sur nos côtes et dans toutes les mers ; 6° Que l'accroissement réel de notre circulation interieure était sur tous les points dépassé par l'accroissement de la circulation allemande et anglaise et que, par suite, l'écart à notre détriment s'élargissait d'année en année. Ce sont là, si nous ne nous trompons, les éléments d'une décadence économique que nous déplorons, mais dont la continuité et la gravité sont incontestables. ,,,,, I * * * Il nous reste à en rechercher brièvement les raisons, Co111me nous l'avons dit, ce n'est pas la critique proprement socialiste que nous pouvons introduire ici, car nos rivaux n'y échappent pas plus que nous, et, pas plus que la France, le Royaume-Uni et l'Empire germanique n'ont substitué << l'administration des choses au gouvernement des hommes », le régime de la gestion économique à celui de l'État de la moderne conception. Ce que nous tentons. de discerner, ce ne sont pas les-causes d'ordre général et universel qui, visiblement ou non, stérilisent en partie les richesses, l'activité des nations les plus prospères sous le rapport des échanges: de quelle autre puissance économique disposeraient une Angleterre, une Allemagne qui ne seraient •point asservies à la domination d'une classe égoïste, bourgeoisie _industrielle ou aristocratie foncière? Nous nous sommes donné pour tâche d'exposer les motifs d'ordre spécial, transitoire, accidentel, qui ont déterminé la diminution du rôle commercial de la France dans le monde. Le protectionnisme a dans cette chute lamentable une écrasante responsabilité. Ses tenants les plus obstinés ont beau contester, nier l'évï~e : ils ne tromperont plus persorÎne. L'ère de la crise particuculière que nous traversons s'est ouverte trés exactement avec l'application des tarifs de 1892. Elle est contemporaine du triomphe des idées de M. Méline; elle s'est développée au fur et à mesure que s'aggravaient les rigueurs douanières; sur un seul point quelque amélioration s'est manifestée depuis deux ans-dans les relations franco-suisses, là précisément où une convention venait faire bréche au bloc prohibitionniste. Nous ne pousserons pas plus loin la critique du système méliniste, satisfaits d'avoir été des premiers, en 1896, à en signaler pra- - tiquement l'action néfaste. Nous ne démontrerons même pas, qu'au point de vu_eexclusivement agricole, jl n'a tenu aucune de ses promesses·. Les travailleurs ruraux sont encore un peu moins heureux, \

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