20 LA REVUE SOCIALISTE * * * Une dernicre et courte note. Les protectionnistes se rabattent, pour défendre leur système et son action, sur le mouvement des voies ferrées. Ils affectent d'être glorieux des progrès constatés, des plusvalues ·annuelles en tonnes, des recettes kilométriques grandissantes. Il est exact gu'ici les constatations sont - relativement à certaines années antérieures - moins douloureuses que les conclusions de nos études sur la marine marchande et le mouvement des ports; mais si l'on confronte le trafic français avec le trafic allemand et anglais dans les derniers exercices connus, - la comparaison viendra corroborer l'impression pessimiste qui se dégage nécessairement de cet article. Le tonnage des marchandises transportées par Yoie ferrée a augmenté en France (1891-1896) de 1. 3 °/o en moyenne par an, mais en Allemagne, l'augmentation a été de 3 °/o et en Angleterre de 3. 3 °/o. De 1895 à 1896, la petite vitesse a élevé son produit en France de 703à715 millions, soit une différence en plus de 12 millions ; mais en Allemagne le produit en a passé de I, 173 à 1,229, soit une différence en plus de 56; - 1.7 °/o d'un côté, près de 5 °/ode l'autre. Les recettes totales des divers réseaux français se sont accrues (1895-1897) de 5 °/o, mais l'accroissement a été de 12 °/0 sur les réseaux allemands. Dans les cinq derniers exercices, la plus-value annuelle a été en moyenne de 2.8 °/o pour la France, mais de 3. 3 pour l'Angleterre et de 3.9 pour l'Allemagne. Elle s'est chiffrée à 36 millions pour la France, 73 pour l'Angleterre, 1 r I pour l'Allemagne. Les recettes kilométriques moyennes (1895-1897) ont haussé de 1,000 francs dans notre pays, mais de 3,200 dans le Royaume-Uni et de 8,900 dans l'Empire germanique. L'on voit que nous n'avons aucune raison d'être fiers, ni satisfaits. Comparé aux grands trafics étrangers, le trafic de notre réseau ferré accentue chague année son infériorité. * * * Nous croyons avoir établi successivement : 1° Que le commerce de la France, comparé à lui-même, avait diminué de 1891 à 1896; 2° Que le commerce de la France, comparé à celui des nations, grandes, moyennes et petites qui nous entourent, n'avait cessé de réduire son importance relative; 3° Que nos ventes au dehors, dans presque tous les pays et sur la plupart des articles, avaient fléchi dans des proportions variables, et que cette dépression nous était essentiellement particulière;
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