, LA CITÉ IDÉALE rement: « L'État, c'est moi », même quand l'administration se sera organisée dans la bureaucratie et que le bureaucrate Colbert en aura pris la direction, quantité de pouvoirs et attributions : juridictions d'États et <l'Église, juridictions féodales, ferme des impôts, organisation de l'Église e~1 rivale souvent triomphante de l'Université, resteront aux mains de corps et d'individus n'ayant qu'un faible lien avec la puissance publique ou même en étant totalement indépendants. Dans les États qui sont à un degré inférieur d'évolution, comparativement aux États de l'Europe occidentale, nous voyons que la puissance publique, si absolue soit-elle et si arbitraires que soient ses moyens, ne réunit pas dans ses mains tolites les branches de l'administration publique. Il est même à remarquer que moins ces États sont développés, plus le pouvoir y est absolu et arbitraire, et plus les services d'administration utiles au public sont abandonnés aux particuliers, les soins du souverain et de son entourage se portant principalement sur les ·services d'administration destinés à conserver le pouvoir absolu dans toute son intégrité. Le régime capitaliste, a mesure qu'il se développe, tend de plus en plus à se substituer à l'État dans l'exercice de la puissance publique· et non pas spécialement dans les branches qui ont un c:m1ctère de service public mais aussi, et par extension, dans celles qui ont conservé leurs caractères de moyens de domination et de compression. Les grandes Compagnies capitalistes constituent des États dans l'État, non seulement dans les territoires de colonisation où, pourvues de chartes, elles exercent tous les droits de la souveraineté, non seulement dans les États d'Orient et d'Extrême-Orient où, en garantie des capitau:-; qu'elles leur ont confiés, elles exercent une partie des droits de la souveraineté, notamment la perception des impôts et des droits de douane, mais encore dans les États d'Europe, ou la démocratie a l'illusion d'exercer la souveraineté dans toute sa plenitude. Certes, elles n'exercent pas officiellement et légalement cette part de souveraineté qu'elles se sont arrogée; mais la puissance de fait leur suffit pour l'instant. D'ailleurs, les économistes prétendus libéraux, par leurs attaques constantes contre l'État, son insuffisance ou sa nocivité, préparent de leur mieux l'accord du fait et du droit en réclamant sans cesse la restriction des attributions de la puissance publique. Ne' croyez pas pour cela que les dits économistes entendent _laisser à l'abandon les services publics et d'administration. Ils ne sont pas aussi anarchistes. ' Il ne s'agit peur eux que d'un transfert de pouvoirs de l'État aux puissances capitalistes. Déjà certains d'entre eux ont pu proposer sans rire que, pour raison d'économie, les services d'administration pure soient affermés à des entreprises capitalistes organisées par actions. Il existe des formations capitalistes qui sont de véritables États
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