La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

18 LA REVUE SOCIALISTE bénéfice à coté des plus-values constatées pour les grands ports allemamls, hollandais, belges, italiens, si l'on veut se restreindre a ceux-Li. Hambourg, aujourd'hui le premier port du continent, a gagné exactement 1 million de tonnes de 1891 à 1896. Son tonnage a passé de 5,700,000 à 6,700,000; le nombre des navires qui.sont entrés ou sortis a monté de 17,400 à 20,700; b navigation de !'Elbe canalisé a presque doublé, et il n'y a point L'i un phénoménc fortuit et transitoire; le développement se poursuit d'année en année, tres régulicrement et sans à-coups. Les Pays-Bas sont trcs fiers de Rotterdam, qui dépasse Marseille, et dont l'importance tend à devenir triple de celle du HaYre. Le tonnage était de 3 millions en 1891, de 4,100,000 en 1894, de 5 millions en 1896 : le profit réalisé est égal à cinq fois celui de notre entrepôt de la Méditerranée. Anvers a sauté de 4,700,000 tonnes à 5,&00,000; Gênes, dont le percement du Simplon accroîtra encore notablement la circulation, atteint presque Marseille, après lui aYoir été infér~ur il y a peu d'années encore, d'un million de tonnes. Son mouvement a grandi de 3,500,000 tonnes en 1891 à 4,550,000 en 1896; il n'est pas jusqu'à Trieste, malgré sa situation assez dcfaYorable au fond de l'Adriatique, gui n'ait accru son tonnage de près de 800,000 tonnes ; 3,100,000 en 1891, - 3,860,000 en 1896. De tous les grands ports du continent, Marseille est celui qui dans la dernière période scxennale accuse l'augmentation la moins sensible : encore faut-il souhaiter guc notre mar.ché méditerranéen ne tombe pas au-dessous de lui-même pour 1898. ·Quant ù nos autres entrcpots maritimes, leur situation est de plus en plus navrante. Le Havre, Bordeaux, Dunkerque, Saint-Nazaire sont, on l'a vu, en recul, alors qu'Amsterdam progresse à coté de Rotterdam, Brême et Dantzig à coté de Hambourg. * * * Notre marine marchande n'a pas échappé à la crise grave qui a atteint le mouvement de nos ports. C'est presque rebattre un lieu commun que de le rappeler; tant ont été nombreux les livres, brochures, articles de journaux, discours parlementaires ou extraparlementaires gui ont signalé le mal et préconisé des remèdes! L'effectif de nos bâtiments était de 15,278 en r888, de 15,047 en en 189 r, de I 5,536 en 1896. Nos protectionnistes YOntchanter victoire, mais leur triomphe ne sera pas long, car si le contingent s'est accru, le tonnage n'a cess~ de se réduire aYcc une desespérante régularit<:. Il

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