La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

DÉSARMEMENT? 259 ctait formule deux ans auparavant, à l'origine du Congres de Londres, par les mandataires du socialisme des Deux Mondes. Les milliers d'organes conservateurs qui ont applaudi au projet de Nicolas II ont implicitement applaudi à l'un des articles essentiels de notre propre programme. Quoi q-u'il advienne des séances de la future conférence de Petersbourg, ou de Berne, ou de Bruxelles, notre propagande aura accompli un énorme progrés. L'échec comme le succés de ce grand débat diplomatique donnera à la diffusion de nos principes une intensité sans précédent. Ce n'est pas impunément qu'à cette époque de fer et de sang, on remue le sentiment d'humanité et qu'on met en présence une noble notion philosophique et la réalité brutale. Il est certaines idées qu'on peut refouler pour un temps dans la conscience des nations, certaines aspirations généreuses qu'on endort au spectacle des forfaits politiques et des spoliations reitérées du droit. Mais le jour ou l'on fait appel à ces idées, à ces aspirations, elles réclament d'autant plus énergiquement la victoire qu'elles ont sommeillé plus longtemps. Il est puéril alors de vouloir les écarter à nouveau du champ des grands facteurs d'histoire. Or toute conquêté de l'humanité est une conquête du socialisme; tout ébranlement du sens de la justice éléve les masses à une compréhension plus exacte de la moralité socialiste .... C'est pourquoi sans arriére-pensée, et sans restriction, nous accueillons la proposition de Nicolas II comme un acte de portée indéfinie. Est-ce à dire que cette initiative soit susceptible de rçalisation immédiate, que les gouvernements consentent à se lier les uns vis-à-vis des autres, à renoncer à leurs convoitises respectives, pour établir sur cette terre le régne de la concorde perpétuelle? Le ton de la presse capitaliste des Deux Hémisphéres indique assez, quant à présent, avec quelle défiance, ou plutôt quelle hostilité, elle envisage l'hypothése d'un arrêt des armements. Unanime à saluer le principe, elle souléve mille difficultés d'application; rien de plus étrange, aprés l'enthousiasme platonique qu'elle a marqué pour le projet tsarien - que l'abondance de ses arguments d'ordre pratique contre tau e innovation dans les rapports internationaux. Certes il est des peuples victimes d'abus de la force, qui au nom du droit et de la moralité mêmes, ne sauraient s'incliner devant le fait accompli et accepter un statu quo entaché de crime. Il ne peut être de paix stable et équitable dans l'occident de l'Europe qu'au lendemain d'une solution de la question d'Alsace-Lorraine sur la base d'une libre votation des annexés de 187 r. Aucune fraction du prolétariat socialiste de ce continent ne niera la légitimité de cette réserve; mais elle n'a rien de commun avec les raisons qu'alléguent les organes gouvernementaux· de certai<1spays pour justifier le maintien d'un miliI

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