REVUE SOCIALISTE qu'il publia en 1893 sous le titre l'État et la Ri!fonne soèiale, et dans lequel il fortifiait d'arguments et d'exemples nouveaux son adhésion au socialisme d'État formulée dans la Questio11éco11omiq11e. Toute l'œuvre de M. Sanz y Escartin est dirigée contre le prétendu libéralisme économique et contre le socialisme. Elle combattra avec efficacité le premier et fournira au second des armes fortifiées et rectifiées par la critique où lui-même les a trempées .. J.-S. Meu. : Correspondance inédite avec Gustave d'Eichtal. - Avant-propos et traduction par Eugène d'Eichtal-:-,,_ Un volume in-18. Félix Alcan, éditeur. Le saint-simonisme devait être naturellement le sujet principal de cette correspondance. On sait quelle part active Gustave d'Eichtal prit à cet admirable mouvement de pensée et d'action. Dans son ardeur de propagande, d'Eichtal veut convertir son ami. Mais l'Anglais résiste, refuse même de discuter à distance une aussi vaste doctrine. Pourtant, il loue la cc secte » d'être << progressive ». « Tous les perfectionnements de votre doctrine qu'indique votre lettre, je les approuYe : je maintient cependant mes objections à vos vues pratiques, à votre o,ganisation qui me paraît impraticable, et non désirable, si elle était praticabl<!, comme celle de M. Owen. » Cette lettre est de 1830. Sautons quarante années. Nous sommes en mai 1870. D'Eichtal croit que la République est proche. Le suffrage universel la fondera et non la violence. Ce n'est pas l'aYis de Stuart Mill, qui lui répond (24 mai) : << Tant qu'il y aura sept million:' d'ignorants pour voter des plébicistes de confiance, et un million d'ho\11mes ~rmés prêts à obéir aux ordres de leurs chefs, il me semble que nous sommes encore très éloignés du but que sans doute on finira par atteindre. >> Quelques mois après, la République était fondée sans le concours du suffrage universel, et au bout de quelques-années les << sept millions d'ignorants i, \'enaient à elle. Comme quoi l'on peut prédire l'avenir, mais non les moyens par lesquels -il se forme. Belle leçon de modestie que nous ont do~née sans s'en douter deux des penseurs les plus informés des mouvements d'hommes et d'idées de notre siècle. ( G. TARDE: Les Lois sociales. Un vol. in-18. Félix Alcan, éditeur. Au momer,t où, selon ma promesse, je prenais la Revue de Métaphysique et de Morale pour y étudier la troisième partie du tra,·ail 'de M. Tarde, I' Adaptation des phénomènes, l'ouvrage entier m'arrivait par une autre voie. Il est assez considérable pom: nécessiter une analyse aussi complète et aussi minutieuse que possible. Ce petit ouvrage est, en effet, << l'esquisse d'une sociologie ». Il faut approuver M. Tarde de n'avoir pas reculé devant le mot. Cette science -- à mon avis métascience serait plus exact - toute nouvelle d'appellation, mais aussi ancienne que l'histoire des sociétés, - Diodore de Sicile, par exemple, ne fut-il pas un sociologue! - est toujours en formation. Elle se refait ou plutôt se développe à mesure que nos connaissances ethnographiq5 linguistiques, historiques, économiques se complètent et se rectifient. Elle
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