La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

REVUE DES LIVRES devraient avoir que l'angoisse héroïque de la victoire, à remporter ! Furieux, il se dresse devant les disputeurs : - Citoyens, dit-il, je croyais que nous étions ici pour faire la liquidation sociale. Vous pensez si o'n le fit taire. Cet admirable Jourde, ce ministre des finances, ,, qui un jour n'eut pas de quoi payer un dîner de trente-deux sols, était parmi les plus indignés de cet outrage aux droits des créanciers. La Commune, cette folie imposée par les habiles de la réaction au peuple exaspéré, voulait être sage. Cette contradiction la perdit. Clément, resté peuple, en eut l'instinct. Seul, ce jour-là, il fut dans la logique et dans le sens droit. Mais je parle de l'homme alors que j'ai à parler de l'œuvre. Mon excuse, c'est que l'homme et l'œuvre sont si complètement liés qu'à les séparer ori ne les comprendrait plus, si tant est qu'on le pourrait. Ces Cwt chansonsnouvelles, qu'est-ce, sinon la vie même, au jour le jour, qu'un enfant du peuple a chantée au cours de l'année? Qu'il blague le « père la Famine » qui donne . une si heureuse rime à Méline, ou les vanités de la « famille Félisque », on croit voir un ouvrier parisien qui mâche en un ricanement sa colère comme une ba'ileavant de la lancer contre l'affameur. Le voyage en Russie, les épidémies datJS les casernes; l'agression cléricale, les bruits de crise ministérielle, les secours du conseil municipal aux indigents, le Panama, les voyages ministériels, les fainéantises parlementaires, les grèves, les suicidés, les rosières, les fêtes de bienfaisance, le pain cher, lui inspirent des chansons alertes, courts poèmes ironiques et violents qu'il jette aux vents précurseurs des orages. - Ce qui ne vaut pas la peine d'être dit on le chante, disait, sceptique, un librettiste d'opéra. Bè>npour les amusettes. Mais les chansons ùe Clément ne sont pas des amuse'ttes. Elles ne sont pas faites pour tromper la faim de justice et d'idéal qui agite les entrailles du peuple, mais pour l'exciter. Chantez-les, camarades, comme nos père~ chantaient leurs bardits de combats en marchant à l'ennemi. Lisez-les, lettrés amoureux de la couleur et du pittoresque populaires, et votre pensée la cliantera d'elle-même sur l'air qui leur convient. " \ E. F. EoouARD SANZ Y EscARTIN : L'individu et la Réforme sociale. Traduction de M. Auguste Dietrich. - Un \'Ol. in-8. Félix Alcan, éditeur. M. Sanz y Escartin est certainement un des plus curieux esprits de l'Es- ·pagne contemporaine. Sa pensée exprime les états d'âme et de pensée actuels de cette noble et malheureuse nation, et sa doctrine est une doctrine de conciliation entre les diverses opinions économiques et sociales actuellement aux prises. Résolument idéaliste, il est non moins résolument évolutionniste; et je ci:ois que le catholicisme lui est inspiré beaucoup plus par un certain état d'esprit positiviste que par attachement aux dogmes. Son libéralisme politique, qui ne l'empêche pas d'être conservateur, s'arrête au seuil de l'économique, et dans ce domaine des faits et des phénomènes tangibles il est nettement interventionniste. •Cet éclectisme sociologique fait certainement l'originalité de l'auteur de l' Iudividu et la Réjol'mc sociale. Cet ouvrage fait suite à celui I

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==