I: MOUVEMENT SOCIAL Cette agitation jeta l'effroi parmi les industriels, qui créèrent une ligue de manufacturiers s'engageant à refuser du travail à tout membre d'une union ouvrière. .. Sur l'instigation du roi, le premier ministre Melbourne déclara, en r 833, reconnaître· le caractère criminel des syndicats, considérés dès lors comme conspirations illégales et punissables au nom de la loi. On condamna six journaliers de Dorchester à sept ans de déportation pour avoir fondé une société amicale dans le but de maintenir a dix shillings leur salaire qui avait été réduit à sept shillings. A Glasgow, cinq ouvriers de filature furent condamnés à la même peine pour le même délit. Un mouvement de protestation s'organisa et l'on vit arriver à Londres un cortège énorme conduit par un prêtre à cheval. On redoubla de rigueur. Les radicaux organisèrent alors un mouvement pour le suffrage •universel. Entre les radicaux individualistes et les socialistes owenistes, une entente fut conclue; une pétition monstre fut organisée, appuyée par de grandes manifestations. La pétition, nommée « charte » du peuple, contenait six demandes: suffrage universel, scrutin secret, indemnité aux députés, abolition du cens d'éligibilité, parlement annuel, division du pays en circonscriptions pour répartir également les sièges. On demandait aussi le suffrage des femmes, mais on y renonça. L'agitation commença aussitôt. Tous les ouvriers des villes industrielles y prirent part. On tint des réunions monstres près de Manchester, parfois même la nuit, à la lueur des torches. Stephans, un ancien pasteur, déclara que « tout homme libre qui respire l'air libre de Dieu ou foule la terre libre de Dieu a droit à un cc home » (un intérieur) ». li engagea les assistants à se munir de piques et de fusils. Les chartistes organisèrent une assemblée de délégués ouvriers qu'ils appelèrent cc convention nationale » et << parlement des travailleurs ». li y eut plusieurs émeutes. A Birmingham il y eut un combat de nuit avec la police, des maisons furent brôlées. On arrêta les chefs du mouvement; cette mesure provoqua un redoublement de l'agitation. Une bande armée attaqua Newport en pays de Galles. En 1842, les ouvriers du Nord s'opposèrent par la grève à une diminution de salaire. Les chartistes en profitèrent pour décréter une nouvelle grève générale qui échoua faute d'argent. Une nouvelle pétition recueillit trois mille signatures ; le Parlement refusa de la recevoir. Le mouvement chartiste mourut (au moment où les insurgés de 1848 en France brûlaient leurs dernières cartouches) après une manifestation monstre qui fut arrêtée par une nombreuse armée occupant
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