\ , r LA REVUE SOCIALISTE textiles, puis successivement dals les autres industries, enfin une loi fixa au maximum de dix heures le travail des femmes et des enfants dans la grande industrie (1847) jusqu'à ce qu'un code du travail fût établi en 1878. Peu à peu, les Trades-Unions perfectionnèrent leur organisation et finirent par grouper la plÙpart des hommes de métier, pour finir dans ces dernières a111:éespar orienter leur politique vers le socialisme. Le cJrnrtisme, commencé en 1838, ne s'est terminé qu'en 1848, après avoir fait naitre dans le prolétariat la conscience de classe. Il fut précédé d'une période d'agitation trade-unioniste provoquée par des crises industrielles fréquentes et qui dura de 1832 à 1834. Ce fut l'époque des grandes souffrances dans les villes indus - trielles. Des enquêtes officielles firent connaître la misère comme la grande pourvoyeuse du choléra. A Manchester, un dixième de la po - pulation était logé dans des caves infectes, les enfants couchés sur la brique humide. A Londres des familles de huit personnes étaient parquées dans une seule pièce; dans une paroisse du Dorset, on comptait une moyenne de trente-six personnes par maison. Des familles entières vivaient avec des salaires de dix à douze francs à une époque où le blé était très cher; encore ce salaire était-il diminué par le truck-système ( obligation d'accepter des marchandises en paiement). Les groupements syndicaux n'avaient produit que des rèsultats incomplets. _ C'est alors que Robert Owen, après avoir transformé sa fabrique de coton en communauté modèle, prêcha la coopération avec le plus de succès, engageant les ouvriers à produire en commun au lieu de travailler pour les capitalistes. Les premières coopératives, fondées en 1824, tinrent des congrès dès 1829, fondèrent une revue et comme11cèrent l'éducation collectiviste de la classe ouvrière, qui garda de ce prosélytisme l'idée générale d'une solidarité nécessaire entre tous les travailleurs. Owen fonda, en 1832, une banque destinée à émettre des bons de journées de travail. La tentative avorta. Il créa une société pour la régénération nationale, destinée à obtenir une loi limitant à huit heures la journée de travail, puis il fonda la grande Union nationale de l'industrie, qui obtint un tel succès que le nombre des affiliés monta bientôt à un demi-million. Comme aux Chevaliers du ·travail, l'association était divisée en « loges », où l'on n'était admis que selon des rites très sévères, à une séance secrète, où paraissait une figure de mort; l'initié subissait l'épreuve de la hache et de l'épée, puis prêtait un serment solennel d'exécuter les ordres de l'Union, qui bientôt se donna pour but l'organisation de la grève génerale.
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