La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

16 LA REVUE SOCIALISTE tion de nous appesantir sur les merveilleux progrés du commerce allemand en Asie, en Afrique, dans l'Amérique du Sud. Des ouvrages récents et gui se sont imposés :\ l'attention publique (1) ont épuisé, ou peu s'en faut, la matière. Quelques courtes confrontations permettront toutefois de saisir la rapidité des conquêtes économiques de l'Empire, en des régions qu'il y a quinze ans, il ne songeait même pas :\ effleurer. Au Cap, l'importation allemande passe de IO à 30 millions de francs, entre 1892 et 1896. Au Canada, elle saute de 10 millions en 1886, à 28 en 1892, et 30 en 1896. Au Mexique, de 13 en 1892 à 22 en 1896. Au Transvaal, dans le même laps de temps, de 50,000 francs à près de huit millions. Nos rivaux vendent pour 76 millions au Chili, pendant que nous y écoulons péniblement pour 9; leur exportation au Vénézuéla atteint 44 millions - 24 de plus que la nôtre; dans la Nouvelle-Galles du Sud, 18 millions - !4 de plus que la nôtre; au Pérou, 9 millions - 4 1/2 de plus que la nôtre; à Singapour, IO millions - 6 de plus que la nôtre, - et nous pourrions niultiplier indéfiniment ces exemples, qui attestent l'unin:rsclle extension de notre défaite commerciale. Non seulement nos échanges sont en diminution accélé'rée; mals encore un grand pays Yoisin grandit de toute la profondeur de notre chute, et cet État, qui nous inflige aujourd'hui méthodiquement, laborieusement, sûrement un Sedan économique, est celui-là même qui, vingt-huit ans plus tôt, inscrivait dans ses annales notre écrasement militaire. La France, qui occupait jl y a peu d'années le second rang sur la liste des grandes puissances commerçantes,est aujourd'hui au quatrième. En 1890 déjà, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Amérique la battaient respectivement au total de 10,698, 1,037 et 196 millions: aujourd'hui, les écarts sont de II,418, 3,050 et 1,874. * * * Le mouvement de la navigation dans l'ensemble de nos ports a suivi, comme il est naturel, celui de nos échanges avec l'extérieur. Les statistiques que nous reproduirons, soit pour la jauge totale, soit pour la décomposition par port, - et que nous rapprocherons des statistiques de l'étranger, - affirmeront mieux encore si possible que les précédentes, notre décadence grandissante. Le tonnage de tous nos entrepôts maritimes réunis montait, (r) Schwob : Le Pùil al/ei,,and; Blondel : L' f::1•ol11tioi11 dustrielle de l'A/le,,1ag11e; \ïlliams : Made i11 Ger111a11y, etc., etc.

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