La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE sabilités » et de « la confusion latente des pouvoirs », qui désole M. Belot. Nous sommes• encore dans la période d'inorganisation, parce que nous sommes encore dans la période d'ignorance, et aussi et surtout parce que nous en sommes encore à cette notion rudimentaire que le droit existe pour nous et le devoir contre nous. M. Belot en a tres nettement le sentiment quand il condamne l'excés d'individualisme de ceux qui protestent au nom de leur intérêt personnel contre l'intervention de l'État en vue de garantir l'intérêt collectif. Il s'élève contre ces prétendus libéraux qui entendent bien profiter des avantages que la loi leur garantit, mais lèvent les bras au ciel et s'écrient que la liberté est violée quand intervient une nouvelle loi pour garantir les mêmes avantages aux autres citoyens. « Condamnera-t-on, dit-il excellemment, comme illibérale, sous prétexte qu'elle constituerait une intervention, une réforme législative destinée à diminuer le poids excessif des lois présentes? N'appellera-t-on intervention que les interventions nouvelles? Le régime établi serait-il donc l'expression la plus parfaite d'un libéralisme définitif? » Et prenant les « libéraux » sur le fait, au sujet de la dépopulation, il s'écrie : << Il faut bien admettre pourtant que notre législation économique a un caractère bien peu libéral, pour amener les individus à exercer sur eux-mêmes ce moral restraint souvent si immoral et si contraire aux vœux de la nature. Des lois qui aboutiraient, en admettant qu'elles le puissent, à modérer ces calculs d'intérêt, à changer cet idéal de rentiers oisifs an nom duquel le père s'efforce de dispenser ses enfants de travail, à rendre les mariages plus aisés, moins déplorablement tardifs et moins brutalement intéressés, de telles lois ne seraient-elles pas des lois d'affranchissement, loin d'être des lois d'oppression? » • Je sens comme M. Belot, que le danger, pour la société, - lui dit : pour le libéralisme - est qu'on retombe dans la servitude faute d'avoir conquis les fondements sociaux du droit. Ce danger, seul le socialisme peut le conjurer, car seul il _donne au droit les moyens réels d'exister, seul il assure à l'individu les moyens matériels de la liberté tout en le solidarisant avec l'ensemble social, seul enfin il réunira dans les mêmes mains la liberté et l'autorité comme il imposera aux mêmes consciences le droit et le devoir. * * * M. Camille Vergniol, dans la Quinzaine du 16 juillet, sonne le glas de la langue française. Elle n'est pas morte, mais elle agonise, nous affirme-t-il. Il reconnaît qu'à toutes les époques, de Boileau à •.

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