...,. REVUE DES REVUES 225 constitution à grands frais des vignobles on se soit borné;\ reprcn<lre la culture du vin dans ses limites anciennes? Nullement. Le pli était pris, et on s'est remis à planter de la vigne avec ardeur, sans s'inquiéter aucunement de la surproduction. Aujourd'hui la surproduction sévit, et comme des capitaux importants ont été consacrés à la venue des vignes, personne ne prend l'initiative de les arracher, là où la terre se prêterait à une culture plus fructueuse. J'ai vu, autour de Perpignan, d'immenses espaces occupés autrefois par des prairies, où l'on faisait de l'éleYage, aujourd'hui plantés en vigne. Les maladies endémiques du plant américain, inconnues du temps de la vigne française, accroissent les façons et les travaux, le coût de production du vin, lequel se vend 50, 60, et jusqu'à 75 °/o au-dessous des prix antérieurs. On n'en continue pas moins à fabriquer un produit très coùteux, vendu à très bas prix en raison de la surabondance existante. Et la •gêne et la misère sévissent là où florissait l'aisance générale il y a vingt ans. Sans doute, un jour viendra où cet état de choses se modifiera, soit que la consommation du vin augmente dans des proportions qui rapprochent la demande Je l'offre, soit que les propriétaires les plus avisés, c'est-à-dire les capitalistes, prennent l'initiative de renoncer à une production qui n'est plus rémunératrice. En attendant, les petits propriétaires doivent faire des prodiges d'économie et de tranil pour équilibrer les recettes et les dépenses; les non-proprictaires qui vivent du travail de leurs bras ont vu leurs salaires s'abaisser à. <les taux de famine. Seuls, les grands propriétaires, pourvus de capitaux, dont les terres se prêtent à la grande culture, maintiennent à un taux moyen leur revenu. Voilà tantôt quinze ans que cet état de choses dure; il n'est pas près de cesser. Que de,·icnt, dans l'occurrence, la fameuse loi naturelle en vertu de laquelle la fabrication d'un produit coûteux insuffisamment demandé cède la place à un produit moins cher et moins abondant ? Il en sera de même du café. Malgré la baisse 4u prix de cette marchandise, la réduction de sa production n'est pas près de s'effectuer. On peut mtme prédire sûrement que quelque temps encore la production s'accroîtra, car les planteurs, devant la diminution des profits, s'efforceront de produire davantage, dans l'espoir de compenser par l'accroissement des quantités offertes la baisse des prix. Si, du moins, l'axiome économique que toute baisse de prix profite aux consommateurs se réalisait! Si les populations consommatrices de café bénéficiaient de la différence des prix! Mais, pour le café, comme pour le vin, surproduction n'équivaut pas à bon marché. Le vin se vend aujourd'hui presque aussi cher que du temps du phylloxera, quand il coûtait trois fois plus qu'aujourd'hui acheté à la pro: priété. Et je ne sache pas qu'on paie au détail le kilogramme de café
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