La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

220 LA REVUE SOCIALISTE L'avoir de tout de wjus majeur célibataire et sans enfants reviendra à l'État. Celui de tout mineur sans enfants reviendra à ses père·et mère ou à leur défaut à l'État. L'avoir de toute personne mariée sans enfants appartiendra au conjoint survivant. Si elle est mariée avec enfants la moitié sera retirée par le conjoint survivant comme constituant sa propriétc'.: personnelle; l'autre moitié sera attribuée aux enfants reconnus, par parts égales. En l'absence de conjoint survivant tout reviendra aux enfants. Les autres degrés d'hérédité seront supprimés. On pourra disposer librement de toute sa fortune par testament, même en déshéritant entièrement ses enfants, à qui les secours de la société suffiront toujours. Les testaments seront olographes et déposés à la mairie de la commune. Les illettrés dicteront le leur au maire en présence de deux témoins. A chaque décès, le maire avisera les héritiers et légataires. La réparation du préjudice civil causé par tous les accidents sera à la charge de l'État, sans recours contre les auteurs. Aucun contrat de mariage, ni acte de vente ou de prêt n'auront de valeur légale. Si leurs clauses sont niées par un des intéressés, la . partie adverse n'aura aucun recours contre lui. La raison est que ces actes n'auront jamais d'utilité réelle, tous les rapports qu'ils établiraient ne devant avoir lieu nécessairement qu'entre l'État et les particuliers. Le Code d'instruction criminelle devra être mis en rapport avec les principes de droit pénal dont nous allons parler. Toutes les précautions seront prises pour protéger la liberté des personnes et les droits de la défense contre l'arbitraire des magistrat5. Le jury sera institué en matière correctionnelle. La réforme du Code pénal sera inspirée par les principes de la philosophie moderne, aux yeux de laquelle tous les hommes sont irresponsables. La société ne devra donc plus se venger, mais se défendre. Elle mettra les malfaiteurs dans l'impossibilité de nuire, mais elle leur évitera toute souffrance inutile, n'attendant aucune moralisation de la crainte des châtiments. Cette moralisation résultera d'ailleurs du nouveau système social lui-même, qui supprimera la misère, l'alcoolisme et l'opposition des intérêts personnels, et réduira la criminalité dans des proportions énormes en faisant disparaître presque toutes les causes du crime. Le mari qui tuera sa femme surprise en flagrant délit d'adultère ne sera jamais excusé. Des pénalités spéciales seront créées pour réprimer plus efficacement les violences envers les enfants et les êtres faibles.

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