La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

210 LA REVUE SOCIALISTE quelques modifications pour maintenir autant que possible la même proportion entre les disponibilités en main-d'œuvre de toutes les communes du département. Le contrôle du pouvoir central sera en outre nécessaire sur les budgets communaux et départementaux, car les programmes de travaux à exécuter pourront comprendre, outre la main-d'œuvre locale disponible, des matières premières à fournir par l'Etat. Celui-ci aura donc à veiller à ce que l'ensemble des demandes n'excède pas la productivité générale. De même que les budgets communaux auront été réunis par le consei1 général en un budget départemental, de même les budgets départementaux seront réunis en un, seul qui sera le budget général du travail. Ce budget sera soumis à la Chambre, qui pourra le modifier en déterminant l'activité à donner à certaines branches du travail et le ralentissement que comporteront d'autres branches. Par l'usage d'un budget ainsi établi, la plus belle ordonnance présidera aux travaux; toutes les forces seront employées; les travaux seront exécutés par ordre d'urgence; toutes les unités territoriales en auront leur part équitable. Qu'on fasse la comparaison de cette formidable synthèse des forces sociales, des ressources infinies qu'elle crée, avec le gâchis de la malheureuse société capitaliste, dans laquelle tant de forces sont gaspilièes, et qui se heurte à de misérables difficultés financières chaque fois qu'elle veut réaliser le moindre progrès matériel ou moral! L'organisation collectiviste joint la souplesse à la force. Il suffit d'en comprendre le mécanisme pour se rendre compte de son élasticité. La main-d'œuvre vient-elle, par impossible, à faire défaut? on en ouvre un réservoir immense en augmentant d'une heure seulement la journée de travail. Dans les camgagnes, les cultivateurs possesseurs de lots auront toujours, à certaines époques, quelques journées disponibles à consacrer à un travail supplémentaire bien rétribué. Si ces ressources sont insuffisantes on recourra à la main d'œuvre étrangère, eventualitc plus qu'improbable. Au contraire le perfectionnement des moyens de production rendra-t-il disponible une partie de la main-d'œuvre? On accélèrera les grands travaux publics, on développera la colonisation, on diminuera le nombre d'heures de la journée, on accordera des congés aux travailleurs, on abaissera l'âge de la retraite. De toute façon il sera toujours facile de tenir en constant équilibre les disponibilités et les besoins. Les chômages ne pourront se produire que par l'incapacité des chefs de service, à laquelle des inspections générales mettront bon

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