La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

L'APPLICATION DU SYSTÈME COLLECTIVISTE 209 le monopole des élèves des écoles. Elles seront accessibles a tous; le mérite seul en décidera. Nous avons dit plus haut que dans le système collectiviste des budgets de travail seraient substitués aux budgets de finance. Le moment est venu de préciser. A première vue, on remarque dans le travail général d'un pays collectiviste deux éléments bien distincts : les services courants) producteurs ou auxiliaires, dont les cadres et le personnel sont a peu prés fixes 1 et le surplus disponible de la main-d'œuvre qui, n'appartenant a aucun service permanent, peut être employé soit comme renfort aux services courants, soit en vue de créations d'utilité et d'amélioration générales. Ainsi, dans une commune comprenant 5,ooo personnes en âge de · travailler, 4,000 . d'entre elles sont cultivateurs possesseurs de lots, ouvriers et employés d'usines, employés des magasins publics, des chemins de fer, professeurs, instituteurs, chefs et employés de services publics, etc. Tous exécutent régulièrement le même travail d'un bout de l'année a l'autre. Leurs attributions sont constantes. Il reste r,ooo ouvriers et journaliers qui ne sont pas nécessaires pour assurer le bon fonctionnement de la production, de la répartition et des divers services courants. S'ils n'existaient pas, on pourrait s'en passer; mais, puisqu'on les a, il faut les utiliser. On les ~mploiera, selon les besoins, a construire des chemins de fer, des canaux, des routes, a canaliser les rivières, reboiser les coteaux dénudés, drainer les marécages, défricher les bruyères, créer de nouveaux bâtiments d'utilité générale ou particulière, etc. En un mot, les 4,000 premiers serviront a entretenir la vie nationale dans les conditions où elle existe déji; les r ,ooo autres serviront à compléter la conquête des forces de production naturelles pour accroître la somme des satisfactions des hommes. Tous les ans, le conseil municipal de chaque commune établira le budget du travail dans lequel ces deux catégories seront bien séparées. La première constituera un élément a peu près incompressible dont il n'aura pas a s'occuper. La seconde, comprenant la maind'œuvre disponible, lui servira a réaliser les améliorations qu'il jugera nécessaires, après prélèvement de la part dont auront besoin le département et l'État pour des œuvres d'utilité régionale ou générale. Ce prélèvement ne subira que de faibles variations. Le conseil municipal, connaissant donc a peu près exactement la part qui lui sera attribuée, en indiquera l'emploi sur son budget, d'accord aveè les chefs de service irttéressés. Ce budget sera transmis au conseil gcnéral qui pourra y apporter I4 -

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