L'APPLICATION DU SYSTÈME COLLECTIVISTE 2II ordre. Les ouvriers n'auront pas à en souffrir puisque leurs journl'.:es leur seront payées quand même. Si certaines carrières étaient trop recherchées et d'autres trop désertées, il y aurait lieu d'augmenter les avantages attachés à ces dernières et de diminuer ceux des premières, en variant la durée et le prix de la journée de travail. On pourrait en outre employer les ouvriers surabondants à des travaux similaires. On voit combien, dans tout ce qui précède, nous nous sommes attad-é, tout en apportant de l'ordre et de la méthode dans le travail social, à laisser le champ libre aux aspirations individuelles. Dans le cercle où le confine forcément le degré de son intelligence, un jeune homme peut choisir sa profession et s'élever aussi haut que le comporteront ses services; devenu journalier ou ouvrier, il peut rester sédentaire ou voyager. Sa liberté ira jusqu'à lui permettre de changer a son gré de profession et de domicile. Toutefois quelques restrictions dictées par le simple bon sens seront apportées a l'usage de ces derniers droits pour les empêcher de tomber dans l'abus. Dans la société actuelle, en principe, le travailleur est libre comme l'air. Il va, vient, change de pays ou de profession autant qu'il lui plaît, chôme ou travaille à volonté. C'est le rêve ... mais, en fait, il ne peut se déplacer que s'il a de l'argent pour payer son voyage. Il "ne peut changer de pays et de métier que ,,s'il trouve du travail dans la localité et la profession de son choix. Faute de réunir ces conditions son droit reste illusoire. Dans la société collectiviste, il trouve un avantage marqué: la gratuité des transports qui lui permet de se déplacer et. de se rapatrier ensuite s'il ne trouve pas d'occupation dans sa nouvelle résidence. Mais il est bien entendu que, s'il quitte une ville où il avait <lu travail pour aller dans une autre ou on n'a que faire de lui, il y séjournera a ses frais et dans la limite de ses ressources. De même s'il change de profession. Un travailleur sérieux ne quittera donc une localité ou une profession qu'aprés s'être assuré un emploi dans la localité ou la profession nouvelle. En cas de déplacement, sur la production d'un certificat constatant qu'un emploi lui est assuré, il aura droit au transport gratuit de son mobilier. Tout cela n'a rien de tyrannique et suffira pour empêcher l'afflux des bras inutiles sur certains points, à Paris notamment, au détriment de <;ertains autres. En attendant que les progrès de la science laissent assez de maind' œuvre disponible pour permettre de supprimer complètement l'oblir gation au travail ·pour les femmes, nous avons vu qu'on en exempterait les femmes mariées et les filles-mères. Les jeunes filles et les femmes qui resteront astreintes au trav,iil seront placées dans des conditions ·1
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