La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

208 LA REVUE SOCIALISTE ou secondaires. Ils pourront aussi, s'ils le préfèrent, se consacrer aux carrières administratives. Ils détermineront eux-mêmes l'ecole ou le service dans lequel ils veulent entrer, à moins qu'il n'y ait engorgement, auquel cas le choix sera limite aux meilleurs numéros des concours. Les élèves qui se destineront aux services administratifs y feront un surnumérariat de trois ans, pendant lequel ils recevront un traitement réduit; ils passeront ensuite employés de troisième classe. Les élèves admis dans les écoles professionnelles y passeront également trois ans, nourris, logés et entretenus par l'Etat. Ils seront ensuite, selon le degré de l'école, ouvriers de troisième classe, ou contremaîtres, ou ingénieurs. Les uns et les autres pourront s'élever ensuite par leur travail et leur intelligence aux plus hauts degrés de la hiérarchie sociale. Restent donc les intelligences les plus faibles, qui n'ont pas été comprises dans les catégories ci-dessus. Celles-là fourniront les journaliers, les manœuvres, les domestiques. Le principe de cette sélection est juste; néanmoins on pourrait le trouver rigoureux si toutes facilités n'étaient pas laissées aux jeunes gens de bonne volonté de reconquérir par leur travail le rang qu'ils auraient momentanément perdu. Les moyens de s'instruire seront à leur disposition; le temps ne leur manquera pas. Ce sera à ·eux d'en profiter. Pour personne l'avenir ne sera fermé. Reprenons ces jeunes gens à l'âge de quinze ans, au sortir de l'école primaire. Ils auront à faire un apprentissage de trois ans avant de devenir journaliers de troisième classe. Les uns entreront chez des cultivateurs posses~eurs de lots, d'autres dans le service des bâtiments, des transports, de la voirie, dans les établissements industriels, etc. On ne leur fera faire qu'un travail en rapport avec leurs forces. D'autres se feront domestiques. Les journaliers et ouvriers seront divises par leur libre choix en deux catégories, en dehors de toute question de classe: les sedentaires et les mobiles. Les premiers ne pourront, sauf des ~as exceptionnels, être contraints de quitter le lieu où ils auront établi leur domicile. Les autres, au contraire, seront à la disposition des che.fs de service qui pourront les envoyer sur tous les points de la France continentale. Bien entendu, ces déplacements seront aussi rares e,.t aussi peu considérables que possible. Les mobiles toucheront, à classe égale, un petit supplément de salaire destiné à couvrir leurs frais spéciaux. Il est bien entendu que les journaliers pourront devenir ouvriers et que les ouvriers pourront s'élever aux grades de contre-maîtres, ingénieurs, directeurs, etc. Ces situations élevées ne seront donc pas

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